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Ma fille est dans les troubles du comportement alimentaire depuis 3 ou 4 ans, elle est suivie depuis presque trois ans, il y a eu une anorexie très restrictive qui a entraîné plusieurs hospitalisations et à présent des crises de boulimie, elle va avoir 17 ans
J'ai découvert le groupe de parole cœur au ventre d'Allauch à une période où elle était très mal durant sa dernière hospitalisation, il me semblait que si je ne réagissais pas elle allait mourir, et puis je me sentais seule, désemparée
Ces rencontres m'ont aidée énormément :
En rencontrant des malades qui ont lutté de nombreuses années j'ai découvert des personnes très "belles", et je me suis dit que derrière le paravent de la maladie on peut évoluer et devenir quelqu'un de bien. J'ai ainsi pu dédramatiser et y voir plus clair, il me semble avoir compris certaines choses :
Je me suis rendue compte que nous étions tous très dépendants les uns des autres, particulièrement elle et moi, et qu'il était essentiel de mettre des distances entre nous pour que chacune puisse vivre (comme dans un jardin on éloigne des plantes qui s'étouffent) et puis surtout redonner au père sa place, la parole.
Enfin aimer son enfant comme elle est, qu'elle n'est pas la petite fille idéale qu'elle a semblé être durant tant d'années, accepter que là est son chemin pour grandir, bien sur ce n'est pas accepter la maladie, baisser les bras et attendre que ça passe, mais l'accepter elle.
Réaliser que de tout ça on peut sortir grandi, parce que ça nous pousse à évoluer. Je voudrais aussi dire aux parents que parce que nous sommes trop impliqués dans la vie de notre enfant, souvent aveuglés par les sentiments, il faut accepter, rechercher l'aide, les mains tendues...
Un proverbe dit :"il faut un village pour élever un enfant", pour un enfant souffrant de TCA c'est encore plus vrai, il faut savoir déléguer l'accompagnement à des personnes compétentes, lui laisser faire un maximum de rencontres pouvant lui apporter des repères
Et puis surtout ne pas avoir peur de se remettre en question, ni de ce qu'il y aura après la maladie, car chacun aura changé, il en va de la vie de nos enfants ! Les comportements alimentaires sont le haut de l'iceberg. Ils peuvent avoir de graves conséquences au niveau physiologique, et il faut en tenir compte, mais la cause est souvent très complexe et dû à un mal-être important.
La plupart du temps ces enfants sont très liés à leur parents, et surtout à leur mère, il faut alors transmettre autre chose que de l'angoisse, chacun doit prendre ses propres problèmes et les assumer pour alléger le fardeau porté par l'autre, pour que l'enfant puisse trouver sa place et ne pas endosser ce qui est à nous parents, ne plus transmettre que l'amour et la joie de vivre, leur permettre de grandir et d'aller vers la vie.
Mon problème aujourd'hui c'est qu'elle a grandi dans la maladie et qu'il faut apprendre à s'effacer assez pour lui laisser la place de s'épanouir, de devenir elle même, mais garder le rôle d'éducateur, encore un peu, et ne pas accepter ce qui ne l'est pas, surtout quand elle porte atteinte à sa santé, à son intégrité, mais la laisser gagner son autonomie pour se préparer à sa vie d'adulte.
Chaque rencontre, particulièrement avec des personnes qui connaissent les TCA, m'apporte une petite" étincelle" de compréhension,
Et puis de l'optimisme car on peut s'en sortir, les exemples existent, je voudrais ajouter pour ceux ou celles qui commence à vivre les troubles qu'en intervenant très rapidement, surtout si la personne est jeune, on peut obtenir de bons résultats en peu de temps (j'ai vu des jeunes filles hospitalisées 15 jours et pour qui les TCA ont étés définitivement terminés) |
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