| Qui suis-je ? comment je me positionne par rapport à mon TCA ?Vendredi 9 avril 2010 |
Vendredi 9 avril 2010Ce soir nous sommes 11 autour de la tableMartine anime le groupe de parole, elle commence par un message porteur d’espoir pour celles et ceux qui sont toujours dans la maladie : sa fille sort des TCA après 7 longues années de souffrance, Martine veut véhiculer un message d’espoir : on peut sortir la tête hors de l’eau après des moments des désespoir et de colère.
Une fois n’est pas coutume et je vais me permettre de vous donner mon ressenti personnel: Hier au soir, une jeune fille est arrivée , elle était déjà venue lors d’une conférence et son état nous avait tous alarmés. Elle est actuellement hospitalisée à la Timone à Marseille et se bat contre l’anorexie , contre ses peurs et ses angoisses. Cette jeune fille ressemble à un petit oiseau fragile, son regard était plutôt triste lors de notre première rencontre. Malgré sa grande fragilité , elle a eu envie de nous rejoindre , elle a dit que le groupe lui faisait du bien et par 2 ou 3 fois , son visage a été illuminé par un magnifique sourire. Je voulais rendre hommage à cette toute jeune fille qui nous a émus et troublés et la remercier pour sa confiance mais surtout la féliciter pour son courage. En venant dans ce groupe , tu as déjà fait un pas immense sur le chemin de la guérison , la clé est en toi et tu vas la trouver comme l’ont trouvée avant toi Audrey , Julie L, Julie G, Cécile, Mireille, Axelle et bien d’autres qui ont un jour croisé notre chemin………. Je vais vous donner « mon » compte –rendu comme d’habitude , j’ai glané des phrases ci et là et je vous les mets sans les ranger ci après………
Marie Christine Thème : Qui suis-je ? comment je me positionne par rapport à mon TCA ? o Si je n’obtiens pas mon diplôme je rate ma vie o Mais est ce que ta vie n’est que ce diplôme ? est ce que si tu rates tes études tu seras une ratée ? o En fait on met des objectifs pour faire diversion à sa propre souffrance o « A » qui s’en est sortie , a décidé de ne plus être excellente dans son travail coûte que coûte au détriment de sa propre identité, à présent , elle se donne des limites , sa vie passe en priorité. o La vie te mène souvent vers des chemins que tu n’avais pas prévus. Dans l’éventualité où je ne réussirais pas , je me laisse porter par la vie et j’accepte ce qui est. o Nourris toi de ce que tu aimes , tes amis , tes loisirs o C’est super quand quelqu’un fait la démarche de venir au groupe de parole et parler d’elle , c’est déjà un désir de guérir o J’ai du mal à parler de mon trouble devant ma mère , parce que j’ai peur de la faire souffrir o Moi qui suis mère , je peux te dire que le fait de sentir et d’imaginer sans comprendre est souvent plus douloureux que le fait d’échanger avec ma fille quitte à entendre des choses terribles. Essaie de parler avec ta mère. o « E » :Ma position face au trouble : quand on est en plein brouillard, angoisse , peur, on est noyée, en apnée, perdue……………..puis on finit par comprendre certaines choses, ça bouge , ça change et puis on prend du recul par rapport au TCA et on réalise du coup qu’il y a plein de choses autour de ce TCA et autour de soi : famille, conjoint, travail etc….. et puis avec le recul on se rend compte que tout n’est pas noir et que ce conjoint qui a des défauts a aussi des qualités immenses et qu’il nous aime !Mon TCA est une épreuve mais il est aussi la preuve que j’existe. Enfin , on s’en sort il y a la vie et tous les jours je découvre des choses en rapport avec La Vie. Ma vie est composée de tout ça et c’est ça qui la rend extraordinaire, le TCA disparaît. o Le TCA est « seulement » la manifestation de mon mal-être o La vie est une grosse galère faite de souffrances mais à un moment on va découvrir le plaisir de vivre, on peut devant une situation qui ne nous convient pas , un conflit, prendre du recul et mettre de l’humour, du positif, on apprend peu à peu à y mettre l’ingrédient plaisir o J’imaginais que ma vie était une montagne à gravir et que je devais la gravir pour accéder au bonheur, et tout à coup , je me rends compte que la vie est partout et non pas au sommet de cette montagne, que je n’ai pas besoin d’aller aussi haut et de m’épuiser. Je change pour moi et non pas pour quelqu’un , car si je changeais pour faire plaisir je ne parviendrais pas à un état de satisfaction personnelle ; o Moi , il me semble qu’il y a une deuxième personne en moi qui me dirige et me pousse à manger o Moi au contraire , j’ai l’impression que quelqu’un en moi m’empêche de manger et me pousse à calculer les quantités , la qualité , les calories o L’important est d’être dans les sensations et non dans la maîtrise o J’ai fait toutes sortes de cures, je sui écœurée par la psychanalyse parce qu’on démolit toute la famille , la mère le père et on va chercher dans la petite enfance, à chaque échec de ma vie , je me suis réfugiée dans la nourriture, j’ai réussi ma vie sociale et professionnelle mais j’ai raté ma vie amoureuse et la nourriture a toujours été mon refuge. L’une d’entre nous parle de la notion du « bon gros » du « gros rigolo » qui amuse la galerie et du coup a plein d’amis et les remarques fusent dans tous les sens , être gros pour prendre sa place et se faire aimer, mais au fond être super malheureux parce que « hors norme » et ce malheur pousse encore vers la seule valeur refuge qu’on connaît ……….. : cercle vicieux , étouffant et désespérant : le trouble compulsif ! Une d’entre nous cite l’émission « belles toutes nues » qui essaie de persuader des femmes au physique tout à fait « commun », « normal », de s’aimer telles qu’elles sont et même de s’aimer et finir par se trouver très belles…. o Je me refuse les sensations o Je ne peux manger que si j’ai eu auparavant d’autres plaisirs comme une séance de cinéma ou une journée entre amis. o Tu peux essayer de trouver une autre sorte de nourriture comme l’écriture , la peinture etc………………. petites réflexions de "E"............................ Voila mes petites réflexions au cours de la réunion du vendredi 9 avril : qui sui-je ? comment je me positionne par rapport aux TCA ? « Quand on sort de 7 ans de souffrance » « Miracle. Elle est complètement guérie. On se sort de cette maladie » Clin d’œil au chiffre magique 7 La souffrance c’est très relatif et très subjectif, de mon très humble point de vue. SORT on pourrait faire un brainstorming ou le reformuler Exemple : je reformule : « Quand on entre dans la vie » « quand on rampe vers la vie » «quand on est en vie »
« Je voulais que ma fille meure » La phrase est reprise plus tard par M qui finalement n’arrive pas à la répéter ni à la reformuler « ça m’a vraiment……… » et puis silence, rien ne vient Pour ma part c’est une phrase que j’entends quasiment une fois à chaque groupe d’entraide, depuis que j’y viens. Donc j’y réponds aujourd’hui par un petit exercice personnel. Simplement : « je voulais que ma mère meure » Amoureusement : « je voulais que ma mère m’aime » Haineusement : « je voulais que ma mère crie » Tristement : « je voulais que ma mère pleure » Peureusement : « je voulais que ma mère ait peur » Joyeusement : « je voulais que ma mère rie » « je voulais que ma fille vive » « Mes histoires n’ont pas abouti à quelque chose de bien » « Système d’échec amoureux » De quel point de vue est-ce que j’ai envie de voir ma vie ? « Peu de personnes dépassent les apparences physiques » « Je ne peux pas me supporter » « J’ai senti son regard (sur mon ventre) » Est-ce que ce pourrait être des croyances, des certitudes ? La croyance je n’en veux pas quand elle est source de souffrance. Je l’examine, je la démantèle. Jusqu’à lui faire la peau. Je dirais au fil des groupes d’entraide 8ème hier soir Cette association a le mérite d’exister, c’est une grande richesse Je me sens plus calme et bienveillante, moins critique et en colère que lors de mon 1e groupe. La confrontation fonctionne, en positif. |


