"Je vais vous expliquer ce que je ressens : Ce week-end, donc, j'ai pu parler à ma mère suite aux sanglots dans ma chambre, car elle m'a demandé :"c'est toujours comme ça en ce moment" ? J'ai dit :"oui", que j'étais vraiment mal et que j'étais dans le tunnel mais que j'avais du mal à voir la lumière mais que c'était normal d'après les psy ! Et du coup, j'ai pu lui expliquer ma prise de conscience sur la difficulté à lâcher la main pour me lancer dans la vie !! Depuis toute petite, je ne lâchais pas ma mère, ensuite, je me suis accrochée à une ou 2 copines et puis vers 17 ans j'ai découvert qu'en maigrissant un peu, je me sentais plus forte et mieux dans mon corps et que du coup, j'arrivais mieux à affronter le monde extérieur... Mais c'était grâce à l'anorexie à laquelle je me suis accrochée... Et moi qui croyais que comme ça je pouvais du coup lâcher un peu la main de ma mère. Mais en même temps, je n'avais rien trouvé d'autre. Et le fait que je lui explique cela, j'ai vu tout de suite que ma mère avait l'air de mieux comprendre et ça m'a fait un bien fou, le fait de pouvoir enfin mieux lui expliquer... Par la même occasion, je me suis sentie libérée d'un poids énorme de culpabilité !! Car je me suis rendue compte que jusqu'à maintenant, je me sentais coupable d'être dans les TCA !! Et là du coup, je me suis dit que finalement, ce n'était pas de ma faute ni de celle de ma mère…C'était comme ça, je me suis construite comme ça et j'ai du faire avec mes propres moyens ! J'ai pu dire aussi à ma mère que ce n'était pas de sa faute et ça aussi ça m'a soulagé !! Je lui ai dit qu'il y a beaucoup de choses qui rentraient en jeu : ma personnalité, mon caractère, ma sensibilité, mon éducation, ma famille... Bref, personne n'est coupable, c'est un tout !! Et le fait de lui dire ça, qu'est ce que ça m'a soulagé, car enfin, je pouvais mettre des mots là-dessus !!! Et puis le dimanche matin, j'ai pu aussi parler à mon père et j'ai pu lui dire à quel point j'étais mal en ce moment et ça aussi, ça m'a fait du bien !! Car je crois qu'il ne se rendait pas compte de ma souffrance et moi j'arrivais pas à lui dire et là, soulagement... De lui parler de la peur, de la souffrance, du suicide aussi… Au final, ce n'est pas tout de suite que j'ai compris mais dès le lundi de Noël, j'ai trouvé que je me sentais plus apaisée et en rentrant au centre, j'ai beaucoup analysé ce qui venait de se passer et là, d'un coup, le brouillard dans lequel je me trouvais s'est dissipé et j'ai commencé à voir de la lumière au bout du tunnel !!!! Donc, dès que je suis arrivée, j'ai pu parler à ma référente et lui expliquer tout ce que j'avais compris et fait durant mon week-end et je lui ai dit que les envies de vivre revenaient, je voyais plus clair... Bref, que j'arrivais à avancer dans le tunnel plus sereinement !!! J'ai pu voir mon psychiatre cette semaine et il m'a dit que c'était un peu comme une renaissance et je lui ai dit : "Oui ! C'est ça, une renaissance à 28 ans !! Quelle joie ! Il était temps !!" Bien sûr, il y a encore du chemin à faire car maintenant il faut remonter la pente en me construisant, c'est à dire que là je suis comme un petit enfant à qui on apprend tout !! Les limites, en me donnant un plateau pour les repas, en me limitant au niveau des entretiens avec mes référentes, car je faisais de la boulimie d'entretiens… Mais c'est ça se construire, on réapprend tout ! Car finalement, j'ai compris aussi que étant petite, j'étais tellement sage que l'on n'a pas eu besoin de me donner des limites et du coup, arrivée vers l'âge adulte, je me suis perdue". |