| Cécile (32 ans) |
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Cécile (32 ans) La Treille, le 21 Juin 2006 Petit récapitulatif chronologique, un flashback quoi ! 1990 : J’ai 16 ans. Je suis en seconde, en cours de biologie. Sujet : l'alimentation. Et je commence à analyser tout ce que je mange et à fuir les repas de famille. 1992 : J'obtiens mon bac. Parle d'une école privée à Aix-en-Provence, et c'est l'issue de secours, un bol d'oxygène après trois années de lycée où j'ai manqué m'étouffer. 1992/1993 : Aix. Je découvre la liberté… Et mes foutus régimes frisent l'anorexie. Au plus je réduis mes apports en calorie, au plus je vois des kilos à perdre... 14 Juillet 1993 : Ajaccio. Un feu d'artifice. Un garçon de 18 ans. Coup de foudre. Je vais sur mes 19 ans, n'ai connu jusque là que quelques flirts et rapidement, il prend la place de ma mère, laissée vide. Un soir, je surprends son regard qui fixe une partie de mon corps. A partir de là, je ne sais pas ce qui entraîne quoi. Si je commence à grossir parce que j'ai compris qu'il n'aime pas mes formes ou si inconsciemment je cherche à le faire fuir parce que je ne me sens pas digne d'être aimée. Après 4 années à tendance anorexique, je bascule du côté de la boulimie. Sans que jamais je n'arrive à l'exprimer… Septembre 97 : Mes parents divorcent. De mon côté, je poursuis ( !) mes études à Nice, où je vis avec ce garçon, qui est aussi mon premier amour… Dans les mois qui suivent le divorce, nous parlons bébé... Jusqu'à ce que j'ai des nausées. Test dans la salle de bains. C'est lui qui va voir. Il revient, me regarde, fait non de la tête. Mais moi, je ne sais pas ce que je ressens. Je me range à son avis sans prendre le temps de savoir ce que j'aurais fait. Je reste enceinte 3 mois. Tout est flou. Je flotte... Les nausées toujours. Les crises d'angoisse. J'ai des moments d'absence durant lesquels j'ai l'impression d'entendre des voix… 14 Juillet 1998 : Hôpital d'Ajaccio. Cinq ans après le coup de foudre, je vois le feu d'artifice de ma chambre. On m'a donné des cachets pour que le « travail » commence. Le lendemain matin, cela se passe. Assez vite. Je me sens soulagée. Euphorique même. Pendant les trois mois où j'étais enceinte, les nausées m'avaient fait perdre l'appétit et j'ai perdu du poids. Mon corps me plaît. Mais très vite je vois la culpabilité arriver au galop. Je regrossis. Beaucoup je crois bien. Je suis retournée à Nice. J'entame ma première année de doctorat. Je suis très mal dans ma peau… 1998/2001 : Trois années à essayer de trouver le courage en moi pour en finir avec cette relation qui m’a conduite au bord du gouffre… Qui m’a fait commettre l’irréparable… L’irréversible… Comme ce premier moment passé sur une table d’opération… Suivi d’un second, vécu comme une punition, en réaction au premier… Juillet 2001 : Mes études touchent à leur fin. Je « rentre » en Corse, faire le point. Pour essayer de couper les ponts avec ce passé… Combien de tentatives pour tourner la page ? 14 Juillet 2003 : J’y arrive, enfin… Le livre se referme sur une décennie de lui… Juin 2004 : Ile de beauté. Après trois années de corsitude, de solitude, d’errances, de crises, et de prises de recul (avec stages de danse, de théâtre, d’écriture et enfin d’audiovisuel à l’appui), je décide de retourner sur le « continent ». J’arrive dans un sale état. J’ai perdu toute estime de moi. Plus aucune confiance, ni en moi, ni en quiconque. Période de dépression. Dur dur de remonter la pente. Quels sont mes buts ? M’en sortir… Octobre 2005 : Petit article dans le magazine Femina. A propos des troubles du comportement alimentaire. Création d’une association à Allauch. Allo, Marie-Christine ? Et c’est le début de la fin… Fin des petits et grands maux soignés à coup de mots… Amers dans un premier temps, puis place aux mots doux. 21 Juin 2006 : A l’aube de mes 32 ans. J’ai trouvé la paix… Et j’ai envie de la partager avec toutes celles et ceux qui croient en la vie. Parce qu’elle est belle, je trouve… La Treille, le 9 Février 2007 Date anniversaire, ô combien symbolique. Huit années se sont écoulées depuis cette « opération-punition ». Ce soir, nouvelle réunion avec le groupe de Cœur au Ventre. Thème du jour : la co-dépendance. La relation fusionnelle. Alors, juste encore quelques derniers mots, en conclusion : la fusion, c’est pas la solution… C’est pas ça aimer… Pour savoir aimer l’autre, il faut d’abord s’aimer soi-même. Il faut tenir debout tout seul. Pas voir en l’autre une béquille grâce à laquelle on pourra trouver cet équilibre qui nous fait défaut… Parce qu’au sinon, le jour où la béquille fout le camp, y’a tout qui se casse la gueule… Reste alors à trouver la force pour se relever, s’accrocher, pour se reconstruire… Et ça, ça peut se faire. Et même, ça se fait… La preuve : c’est ce que j’ai fait. |


