| Extrait de sciences et avenir septembre 2007 |
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L’INCONSCIENT, NE DE LA PLASTICITE ? Et si l’inconscient freudien naissait de la plasticité des synapses ? C’est une des hypothèses que forment François Ansermet, psychiatre, psychanalyste, professeur à l’université de Genève, et Pierre Magistretti, neurobiologiste, professeur à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. » Toute expérience, à partir de perceptions externes, laisse une trace dans les circuits de neurones par la plasticité synaptique, argumentent-ils. Certaines traces sont rappelables directement à la conscience(souvenirs). D’autres peuvent se réarranger, s’associer entre elles et produire de nouvelles traces qui ne sont plus en lien direct avec la perception initiale, dans des systèmes non accessibles à la conscience. » Ces traces remaniées constitueraient la réalité interne inconsciente de chaque individu. Une vie psychique qui modulerait(voire parasiterait !) le cerveau, aboutissant à des actions et des jugements uniques et propres à chacun. « Sans cette réalité inconsciente, nos actions seraient probablement plus uniformes, souligne François Ansermet. La plasticité mène à l’imprévisibilité de son destin. » Pierre Magistretti souligne un fait scientifique récent très important : « il a été démontré que lorsqu’on réactive un souvenir, cette trace devient labile : on peut la renforcer ou l’atténuer, dans un processus appelé reconsolidation. » C’est ce que pourrait produire le travail psychanalytique. Il remettrait en jeu des traces, conscientes ou non, pour les remodifier, les réassocier avec d’autres traces, les transformer, les effacer. « On peut donc s’affranchir du passé, c’est plein d’espoir », assure François Ansermet.E S |


