depuis son plus jeune âge c'était une petite fille trés active, toujours trés organisée, avec plein de projets , d'envies.
l'hyperactivité a été un des premiers signes du mal être de notre fille, avoir toujours quelque chose à faire, jamais de temps morts et puis 14 à 15 heures de danse par semaine ,de trés bonnes notes à l'école, déléguée de classe trés active et bien sur jamais fatiguée.............;
ensuite il y a eu les hôpitalisations,et alors qu'elle n'avait plus le droit de bouger, pas même de sortir dans les couloirs, des ampoules sous les pieds à courir sur place dans sa chambre, pendant que d'autres descendaient et remontaient plusieurs fois par jour les 16 étages de la timone,
dans les salles d'attente ces petites jeunes filles si maigres et jamais assises, souvent un livre scolaire dans les mains à faire les 100 pas, histoire de se dépenser !
alors on en est à envier celles qui restent avachies sur le canapé devant la télé à grignoter!
Lecture uniquement pour les non-membres.
Re:anorexie et hyperactivité
Date: 2007/05/05 23:21
By: MARIE CHRISTINE
Status:
Ma pauvre Mother , comme je vous comprends , on a quelquefois envie d'avoir une fille moins active , moins brillante, quand on voit son enfant qui souffre et se détruit sous nos yeux et crier sa souffrance qu'on ne comprend pas.
Ne pensez vous pas que la petite jeune fille qui s'avachit dans son canapé à grignoter peut, elle aussi, être en danger , danger de tomber dans la boulimie non vomisseuse et l’obésité ?
Moi j’en étais arrivée à souhaiter que ma fille ait un cancer et non pas cet horrible TCA qui la bouffe et nous bouffe !!!!!!!!!! c’est terrible ce que je dis , j’en ai des frissons à chaque fois que je dis ce genre d’horreurs et pourtant si elle avait eu un cancer on aurait pu l’aider et mettre un nom sur sa maladie car se battre contre un trouble du comportement alimentaire c’est se battre contre l’inconnu et être en face d’un sentiment d’impuissance terrible .
Par conte quand vous parlez d’hyperactivité , ça me fait penser à ce qu’on vient de diagnostiquer chez ma fille , une maladie « bipolaire ». Une personne qui souffre de cette maladie peut avoir des moment de déprime totale suivis de moments d’hyperactivité, et c’est curieux mais ça me fait penser au comportement des anorexiques et des boulimiques qui passent très souvent d’une phase à l’autre.
Attention , je en suis pas médecin et je ne suis pas en train d’affirmer des choses qui me sont inconnues , je voulais juste évoquer cela parce que quand vous parlez d’hyperactivité ça me fait penser à ma fille………j’ai parlé de ce sentiment à une ancienne anorexique du groupe de parole d’Allauch qui m’a dit qu’elle aussi elle se sentait concernée par ce comportement maniaco-dépressif !
Nous savons que les jeunes filles veulent faire pleins d’ exercices physiques et sportifs interdits pour brûler des calories dont leur pauvres corps auraient tellement besoin, et c’est sûr ce comportement déchire le cœur d’une maman, et le sentiment d’impuissance qui en découle est d’une cruauté rarement égalé .
Votre témoignage est concis , clair mais il en dit long sur votre désarroi,
Je suis moi aussi une « mother »
Lecture uniquement pour les non-membres.
Re:anorexie et hyperactivité
Date: 2007/05/12 03:04
By: sylvie
Status:
j'ai le sentiment que dans toutes maladies qui touchent l'esprit il y a la personne et l'effet des troubles sur cette personne,
il y a un temps où elle est dans le déni, et dans le cadre des tca souvent à ce stade elle ne se voit pas maigre, pas telle qu'elle est, ne perçoit pas l'absurdité de son comportement qui répond à une logique qui lui est personnelle, du genre si je contrôle mon alimentation ,mon poids, mon apparence je maitrise ma vie
et puis il y a un temps où elle voit que tout cela n'est pas normal mais où elle ne peut, ou ne veut pas changer de comportement
et enfin la raison et sa raison se rejoignent,
alors on sent une dualité derrière ces comportements
les moments d'effervescence suivis de moments de déprime, il me semble les retrouver chez de nombreuses personnes souffrants d'état dépressif, comme si l'humeur avait du mal à trouver un équilibre
mais au début de l'anorexie il semble que tout soit euphorie, comme si le jeune dopait, donnait une grande puissance et l'impression d'un grand pouvoir, un verre d'eau et la malade repart courir, jusqu'à ce que les réservent s'épuisent.........
Lecture uniquement pour les non-membres.
Re:anorexie et hyperactivité
Date: 2007/05/14 16:19
By: Grown UP... et parfois down
Status:
Très chères mothers,
ô combien vos réflexions me parlent ! Et comme c'est toujours enrichissant que de lire ce que perçoivent vos regards extérieurs... et donc éclairés... Parce que lorsqu'on a le nez dessus, parfois on manque de recul, de distance sur le "truc"...
Ce truc c'est l'alternance de phases maniaques (ou hyperactives ou euphoriques) avec d'autres phases dépressives (ou apathiques ou pathétiques !). Et on ne sait pas si ce truc découle du fait que l'on oscille entre les "je mange trop" ou "je mange (presque) plus" ou si au contraire c'est lui qui a provoqué les 2 autres... Eternelle question de qui de l'oeuf ou de la poule (ou du langage et de la pensée) serait arrivé le premier...
Ici donc : est-ce la bipolarité qui conduit aux TCA, qui nous pousse vers ces troubles du comportement alimentaire, ou bien est-ce les carences en vitamines et autres oligo-éléments naturellement régulateurs de notre machine (conséquences des TCA) qui conduisent à un comportement maniaco-dépressif ?
Je cherche, je fouille ma mémoire pour me rappeler... Et j'ai beau chercher, je ne retrouve dans le passé que cette constance... dans l'inconsistante inconstance...
Je m'explique : il y a toujours eu cette sensation de vide. Et ce sentiment de détresse qui va avec... Comment faire, que trouver pour apaiser cette angoisse ? Et quand on est jeune, on sait pas toujours ce qui est bon, ce qui serait le meilleur pour soi...
Alors on se remplit de tout et de n'importe quoi... Boissons plus ou moins alcoolisées, drogues dures ou douces, sexe hard ou soft, nourritures alimentaires ou spirituelles... Un seul but, une seule fonction : permettre la compensation... Compenser ce que l'on perd à trop se foutre la pression et ainsi éviter la dépression qui rôde pas loin...
Et on revient à ce cycle, naturel au départ, d'alternances, de cohabitation entre nos pulsions de vie et nos pulsions de mort... Entre notre lumière et nos zones d'ombre... Entre nos joies et nos peines... Entre nos bonheurs et nos peurs.
Reste à trouver le juste milieu entre ce qui réveille et ce qui ensuque, ce qui stimule ou bien assomme, ce qui ranime ou bien éteint...
Encore faut-il pour cela se permettre d'aller à la rencontre de soi, d'écouter sa ptite voix intérieure, quitte à perdre un peu de cette approbation si nécessaire (mais parfois tellement déroutante, "déroutante" dans le sens de faire dévier de sa route)... pour gagner un peu plus de tranquilité d'esprit... Et, pourquoi pas d'estime de soi...