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Une prédisposition à l’anorexie ? recherches du Professeur Valérie Compan

Une prédisposition à l’anorexie ?


Et si l’anorexie n’était pas seulement d’ordre psychologique ? L’hypothèse semble se concrétiser après les découvertes de l’équipe de Valérie Compan, de l’Institut de génomique fonctionnelle 1. Comme les sujets anorexiques éprouvent du contentement à se priver de nourriture, les chercheurs se sont intéressés à une zone cérébrale où s’expriment le plaisir et la motivation, le noyau Accumbens. Ils y ont découvert une grande quantité de récepteurs 5-HT4 de la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation du comportement alimentaire. Ils ont aussi remarqué que la stimulation des 5-HT4 chez la souris engendrait un effet coupe-faim. Sans négliger la part psychologique, les prédispositions biologiques à la maladie pourraient constituer une piste thérapeutique à explorer.

 

 

L’anorexie s’exprime t-elle à partir d’un mécanisme cérébral impliqué dans l’addiction ?

  


 

En utilisant un modèle murin, le groupe de recherche animé par Valérie Compan, professeur de l’université de Nîmes, à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier (UMR 5203, CNRS/Inserm/Universités de Montpellier I et II) vient de montrer que les mécanismes cérébraux impliqués dans l'anorexie seraient similaires à ceux impliqués dans l'action de drogues comme les amphétamines ou la cocaïne.


Ces travaux sont publiés dans la revue PNAS du 9 octobre 2007.

L’anorexie est principalement la manifestation d’un refus exercé de s’alimenter. L’individu se prive de nourriture et continue à s’en priver en dépit d’un besoin énergétique.
Le groupe de Valérie Compan, Professeur de l’Université de Nîmes, à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier (UMR 5203, CNRS/Inserm/Universités de Montpellier I et II) explore les mécanismes cérébraux sous-tendant l’anorexie et vient de découvrir des similitudes avec la suppression d’appétit induite par une drogue illicite, l’ecstasie (une amphétamine).


En présence de nourriture, l’ecstasie prolonge la privation de nourriture imposée  par l’expérimentateur à la souris. Les chercheurs décrivent que ces évènements impliquent le noyau accumbens, l’une des principales structures cérébrales de la récompense. Cette région du cerveau exprime une forte concentration d’un récepteur d’un neuromédiateur très connu : la sérotonine. Ce récepteur, dit récepteur  5-HT4, précédemment découvert au laboratoire est impliqué dans l’influence du stress sur l’anorexie1.


La stimulation de ce récepteur, chez l’animal préalablement privé de nourriture, restreint sa consommation d’aliments et augmente la production d’un peptide connu pour être produit en réponse à l’abus de drogues anorexigènes (cocaïne et amphétamine) le peptide CART (cocaine and amphetamine regulated transcript).
A l'inverse, la réduction du récepteur 5-HT4 dans le cerveau, par l’utilisation d’ARN interférent augmente la consommation d’aliments. Les souris privées du récepteur 5-HT4 présente une moindre sensibilité à l’effet « coupe faim » de l’ecstasie.

Outre les analyses des effets de l’ecstasie, l’étude montre que la régulation de l’appétit associée à l’anorexie est traitée par une région cérébrale, le noyau accumbens, connue pour son implication dans le plaisir et la récompense.