| Les rencontres de l’AFDAS- TCA – 3ème journée, 19 mai 2010 |
|
Merci Joelle pour ce compte rendu............ Mercredi 19 Mai 2010 Les rencontres de l’AFDAS- TCA – 3ème journée « Comment venir en aide aux familles » Plusieurs Psychiatres vont intervenir sur l’importance des familles dans les soins apportés aux personnes atteintes de TCA : Construction des TCA par la médecine occidentale : Il existe des livres, les « DSM », une sorte de bible des maladies mentales qui répertorie et catégorise celles-ci avec des critères. Au départ ces livres sont des instruments pour le personnel soignant car ils justifient, catégorisent, facilitent la gestion et l’organisation des maladies mentales. Ils facilitent ainsi le dialogue entre les soignants. Mais ils sont trop catégoriques et donc simplifient les problèmes (sujet minimisé), créent des identités, des dépendances sur les organisations (ex assurances) et enfin diminuent la responsabilité du patient.De plus les TCA n’existent pas de la façon dont le « DSM IV » les classifie. Les patients cumulent souvent plusieurs choses (dépression, anxiété, addiction, phobie, trouble de la personnalité) Le Professeur Pierre LEICHNER (psychiatre au Canada) explique que : Les soignants se comportent souvent comme des missionnaires en voulant aider les malades mais sans comprendre qu’il y a d’autres façons de penser et d’agir. En effet, il n’y a pas seulement une façon d’agir ni une seule cause aux maladies mentales mais plusieurs facteurs, d’où l’importance de connaître les racines. Prendre en compte la culture de chacun car l’approche est différente suivant le pays. Il y a toujours eu une division entre le malade et le soignant car on pensait que le corps et l’esprit étaient séparés.Hors une personne qui souffre a des connaissances sur le sujet. En fait le soignant et le malade sont à égalité
Le professeur a écrit un livre en 2004, un guide qui s’adresse aux familles et aux amis du patient, pour les aider à être un soutien efficace. Il explique dans son livre que l’écoute active, l’esprit de collaboration, et la patience marchent. Par contre, culpabiliser le malade, sermonner, menacer, parler régime ne marchent pas du tout. Et enfin il bannie totalement l’emploi de tubes naso-gastriques en milieu hospitalier.
Vers une guérison : D’après le professeur, les TCA sont « auto-thérapeutiques » C’est la personne elle-même qui trouve sa voie, son chemin. Les parents sont juste un soutien. Le patient se guérit « éventuellement » de lui-même avec des passages plus ou moins sévères. Dans un centre de traitement on doit rechercher 3 critères dans l’équipe soignante : Les 3 C - Compétence (être informé) - Compassion (pouvoir être dans son cœur avec la personne) - Consistance (dans l’approche, être sur la même longueur d’onde avec équipe et famille) Actuellement le professeur ne met pas sa confiance dans un hôpital spécialisé mais dans la communauté (à la maison, dans la vie). Il pense que c’est plus efficace, plus normalisant.. Le Docteur KAGANSKI (Psychiatre à Paris) pense que : L’important est le souci de la relation entre familles, patients, personnel soignant.
Questions au public : « Comment aboutir à des cohérences en famille ? » - continuer le cadre mis en place à la clinique à la maison a aidé ma fille - on accepte la souffrance, on peut la supporter à condition d’être épaulé, et surtout d’en connaître l’issue ou les issues - à quel moment de la maladie doit on réagir en temps que parent ? et comment ? « - Immédiatement si c’est un ado de 15 ans, hospitaliser dans le cas d’un danger. Sinon, mettre en place un plan avec la famille, négocier. » Nécessité dans la famille que l’équipe soignante accompagne les parents. 3 Points éthiques pour le Docteur : - Dimension platonicienne : le savoir n’est pas dans les livres mais dans les personnes - L’éthique devrait être de bienfaisance mais ne l’est pas toujours - Il y a un moment où il faut savoir dire non. L’éthique est aussi le sens de la liberté. Implication des Familles dans le traitement des TCA Groupes Parents : Le Docteur Brigitte REMY, psychiatre à Paris anime un groupe parents : 24 structures de soins en France proposent des groupes parents. Ces groupes proposent : - Faciliter la compréhension des points cruciaux du parcours de soins (informer sur la possibilité du soin, juste distance des symptômes, informer sur la pathologie addictive réflexion sur le positionnement face à la maladie, diminuer la stigmatisation). - Offrir un lieu calme et apaisant d’accueil (espace de partage où le non jugement libère la parole), rassurer sur ce qu’il est normal de ressentir, aider chacun à retrouver une place dans la famille, expérimenter les changements possibles. - Renforcer l’alliance thérapeutique(mise en confiance envers les équipes, reconnaître les parents comme partenaires de soins, expliquer les phases de séparation, encourager le dialogue avec les équipes soignantes).
Groupes Multifamilles : Le Docteur Sophie CRIQUILLION, psychiatre à Paris anime ces groupes. Ces groupes sont organisés et animés par un psychiatre, une infirmière et un observateur psychologue.
Les buts : - Aider à mieux comprendre le TCA - Favoriser une meilleure autonomie du sujet malade - Redonner un sentiment de compétence à la famille. Axe de travail avec les familles : -Repérer et aider à changer les attitudes qui risquent de renforcer les mauvaises habitudes. - Renforcer les rôles de chacun (ex quand la sœur aînée prend le rôle de la mère) - Autonomie du patient et prévention des rechutes - Rétablir une communication au sein de la famille ( parler ensemble d’autre chose que des TCA) - Amener les parents à organiser leur vie de couple - Travailler sur la diminution de la culpabilité - Encourager les petits progrès, bannir de son vocabulaire « ce n’est pas assez » - favoriser l’expression des émotions
Importance d’introduire la fratrie dans le déroulement des soins car souvent les autres enfants de la famille ont du mal à parler d’eux à leurs parents car la place est prise. On a tendance à s’axer de plus en plus sur les thérapies familiales et non individuelles. En conclusion :
Il est important également d’exercer notre voix auprès des institutions. L’attente, la patience doit être constructive, accompagnée, et non passive. La problématique avec la nourriture ne sera pas plus forte que dans la culture (tout le monde a un problème avec la nourriture) La mortalité est rare chez les jeunes. Il y a plus de guérisons. Toujours garder à l’esprit que l’histoire, la culture est différente d’un endroit à l’autre et qu’on ne peut pas agir pareil partout. Il faut respecter chacun, collaborer avec chaque personne et s’adapter. Ne pas prendre les règles dans les livres pour argent comptant, juste les écouter. Il serait logique d’étudier les gens guéris car ils peuvent dire ce qui a marché. Malheureusement ça n’intéresse pas l’industrie pharmaceutique. « J’ai guéri quand j’étais prêt » « la thérapie m’a aidé quand j’ai trouvé un programme qui me convenait » L’entourage a la responsabilité de réfléchir, de soutenir. |


