| 2ème rencontre associations de familles et structures soignantes 27 mai 2009 AFDAS TCA |
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2ème rencontre associations de familles et structures soignantes 27 mai 2009 AFDAS TCA
But : Améliorer les relations, collaboration, complémentarité entre familles et soignants.
Tables rondes : o Accès à l’information o Notion de gravité o Refus de soins Les familles ont besoin d’informations , il est indispensable de créer une alliance avec les équipes soignantes , un soutien voire une thérapie pour les familles est nécessaire Les TCA se développent au sein du milieu familial Enjeux de dépendance au milieu ( adolescence) Comment associer le milieu au projet thérapeutique en préservant l’intimité de chacun ? ( loi de 2002 sur le droit des patients.) 1- Accès à l’information : Difficulté de compréhension du généraliste Difficulté de compréhension des familles qui refusent les TCA, l’enfant cache ce qui se passe, les familles ont des difficultés à s’avouer ce qui se passe et vivent dans la culpabilité Dans le cadre d’une hospitalisation , on se sépare de son enfant, on doit faire confiance à l’équipe soignante et c’est très douloureux, on attend beaucoup et souvent malheureusement Il n’y a souvent pas de dialogue entre équipe soignante et parents Pourquoi la famille est elle mise « de côté » ? Réponse des médecins et équipes soignantes présents : Annick Brun : psychologue qui accueille des adultes Les équipes soignantes sont confrontées à un double problème : le secret médical et le devoir d’aider la personne qui souffre de TCA à trouver son autonomie, or, les familles ont besoin d’information. L’équipe travaille sur la problématique familiale, les parents ne voient que le problème , comment arriver à prendre de la distance tout en aidant son enfant qui est en grande souffrance ? On a besoin d’un espace de séparation pour que chacun puisse se retrouver pour ensuite recréer la communication. Une meilleure connaissance permet aux familles de mieux faire confiance à l’équipe soignanteSi les familles ont trop d’infos il y a un risque, le patient peut penser qu’il est toujours dépendant de sa famille d’où difficultés pour s’en sortir. Dans les cas aigus, les familles sont directement confrontées au problème parce qu’il y a un risque de mort, le respect de la vie passe avant tout et dans ce cas , les équipes doivent renseigner. Dr Nathalie Gaudart : pédopsychiatre Hôpital Montsouris le service a 30 ans de recul , c’est l’ancien service du Professeur Jeammet Type de population accueillie les jeunes entre 13 ans et 18/20 ans Chaque service est spécialisé donc les types de soins sont différents, il y a des cas d’anorexie à partir de 8 ans , les 8 /13 ans et les adultes ont des types de soins différents. L’approche médicale est différente selon l’âge du patient A Montsouris, on accueille toujours les parents, les soins sont souvent en ambulatoire sauf s’il y a un risque vital ou un risque de conflit ado/parents. Souvent les jeunes sont dans une situation où l’hospitalisation et la réanimation sont obligatoires. Traumatismes pour les jeunes et pour leurs familles. Il y a des problèmes de places, problèmes de conflit avec l’équipe soignante, l’accompagnement se fait toujours avec un contrat de poids issu des pratiques de Charcot Il n’y a plus d’isolement pour l’enfant mais séparation du milieu familial et social, la séparation brutale d’avec la famille est souvent nécessaire et constructive . Les jeunes se retrouvent entre eux avec une équipe soignante .
Séparation pourquoi ? Contrat : objectif de poids Objectif de pouvoir se réinsérer, s’épanouir et remettre en place une réadaptation familiale Les enfants qui arrivent sont épuisés, les enfants et les familles n’arrivent plus à communiquer, les conflits sont épuisants. La séparation offre aux jeunes un espace physique et psychique qui leur est personnel , ils se retrouvent eux même et agissent différemment. La séparation iatrogène peut être dangereuse si elle est trop longue (7 à 14 mois), il faut un accompagnement dense et présent, prendre les parents au téléphone tous les jours, les rencontrer au moins une fois par semaine lors des échanges de linge par exemple. Cette disponibilité est très coûteuse au point de vue humain , le personnel doit être disponible 24h/24h. Une séparation constructive doit aboutir à une reconstruction positive, la séparation ne doit pas excéder 2 à 4 mois.
Régine Greiner : psychologue CHU de Nantes On reçoit au Chu de Nantes des personnes de l’enfance 11 ans à l’adulte 28/30 ans, la majorité sont des adolescents. Les familles ont souvent des infos erronées. Pour le patient adulte il est important de renseigner le conjoint. Il y a souvent des familles passives qui refusent les entretiens familiaux. Les TCA sont des troubles psychiques et somatiques. La création de groupes est intéressante parce qu’il y a une information groupale. Dr Nadia Nammar : psychiatre clinique Dupré Dans cette clinique on propose une hospitalisation au « long-court » avec scolarisation en milieu hospitalierLes jeunes ont de 15 à 25 ans et ils sont mélangés, il y a diverses pathologies mais un quart sont des jeunes qui souffrent de TCA, la prise en charge psychologique est de longue durée. Psychothérapie par l’environnement à travers des mises en situations cliniques avec le milieu scolaire les équipes pédagogiques et soignantes travaillent ensemble. Même si le patient est majeur on demande l’avis des familles , on les implique dans le travail L’hospitalisation est préparée, les liens avec les équipes soignantes extérieures à la structure sont maintenues On prépare les sorties Chaque institution définit son propre mode de fonctionnement A la clinique Dupré le patient est prévenu de tout ce qui se dit , les familles peuvent appeler tous les jours et un compte rendu de la conversation est faite au patient. Il y a de nombreuses réunions médico-pédagogiques L’attention est attirée sur les fratries et les conjoints
Quelles informations pour la fratrie ? Par qui ?
Dr Bruno Rocher : psychiatre CHU de Nantes Spécialisé dans les TCA : élargissement de la palette de soins La famille est informée de ce qui se passe, il y a des groupes d’informations : diététique, soins psychiques, méthodes de travail, témoignages……. Cet établissement reçoit les ado et les adultes de moins de 35 ans , les familles sont accueillies et l’information est individualisée Les contacts sont favorisés avec les familles par téléphone , fax , mail … Cependant il y a un contrat de séparation d’avec les familles qui reste souple avec visites autorisées 1 à 2 fois par semaine.
L’information est elle synonyme de dialogue ? c’est pas sûr !
Fondation Castellotti : Association de famille Depuis 20 ans , les relations entre équipes soignantes et familles ont changé Les familles ont besoin de dialogues plus simples pour être rassurées Le TCA transforme la vision des parents sur l’équipe soignante Problème sur l’hospitalisation pendant et après , les patients sont lâchés dans la nature sans aucun suivi psychologique , sans adresse de thérapeute compétent. Pour la première information donnée aux familles, les psychiatres ne sont pas les mieux placés, le rôle des associations au niveau de l’information est prépondérant à ce niveau là. ARTTA Association de Strasbourg Il existe une permanence de parents à l’hôpital qui accueillent les autres parents, c’est un lieu d’échanges au sein même de l’hôpital, il s’est créé une alliance entre association et équipe soignante. Comportement des familles face à l’anorexique : on a tendance à considérer la personne malade comme un bébé Pour les patients et leurs familles : Sensation de solitude et de culpabilité, la rencontre avec d’autres parents, c’est très important. Dans la thérapie on ressent l’illusion qu’il y a des « recettes », dans l’association on découvre plutôt un mode de fonctionnement, une acceptation du trouble, un soutien pour ramener à un éclairage sur la façon dont j’agis. Sur le terrain Le groupe de parents est très important La personne qui souffre n’est pas sa maladie, accepter que son enfant existe en dehors de ce trouble Pour les TCA, la médicalisation est très récente, des réseaux devraient se réaliser au niveau des CHU des villes…… Une prise de conscience est nécessaire Quand on a eu une conduite anorexique ou boulimique , même guéri on peut avoir une réapparition du trouble malgré une vie normale : pérennité du trouble toute la vie ! Culpabilisation fréquente de la mère Alliance soignants familles Les jeunes sont pris en charges mais les familles ? existe t-il des aides thérapeutiques pour les familles ? Comment répondre aux familles qui sont en quête d’informations Les associations ont besoin de formations pour répondre à ces questions Les bénévoles doivent essayer de rassurer les personnes qui viennent pour la première fois, les groupes constitués peuvent faire peur, les personnes qui arrivent peuvent croire qu’on en a obligatoirement pour des années avant de s’en sortir. Il faut que la famille qui vient, intègre très rapidement qu’il faut éviter la culpabilité et qu’il faut faire confiance au milieu thérapeutique. FNA TCA : fédération nationale d’association troubles des conduites alimentaires (cette fédération des associations vient de voir le jour, ce sera un soutien pour toutes les petites associations dans tous les coins de France) Christine CHIQUET présidente de la FNA TCA o Les boulimiques se considèrent souvent comme des anorexiques ratées o Modèle douloureux des mannequins décharnés o Site pro-ana interdit par le gouvernent (cela est un peu juste comme mesure !) o Addictions diverses associées à l’anorexie : anorexie + alcool très fréquents o TCA de plus en plus jeune o Malades atteints depuis plus de 20 ans o On parle de plus en plus de ce trouble Les associations doivent parler d’une seule voix, la FNA TCA a été créée pour que les associations s’entraident, qu’elles soient adossées à une structure de soins. La FNA TCA prévoie pour un avenir proche : o Un guide d’interventions dans les lycées o Un guide sur la création d’associations o Une ligne d’écoute nationale o Un parcours de formation pour les bénévoles Idées pour l’avenir o Trouver des bénévoles pour aller dans les familles pour les soutenir, une équipe mobile, pour l’accès aux soins o Maisons de post cure , lieux intermédiaires entre hôpital et vie normale 2- Notion de gravité Au téléphone ou par mail, essayer d’apprécier la gravité, se poser la question de l’urgence, sentir si on doit envoyer directement les gens au CHU ou bien prendre le temps de les recevoir. Souvent au premier appel on en est pas encore au stade de l’hospitalisation L’intérêt est de faire comprendre aux parents qu’ils sont compétents. Il faut savoir reconnaître les extrêmes. Il ne faut pas sous-estimer la situation, il y a quelquefois un déni de l’hospitalisation d’urgence. Percevoir la gravité psychologique qui se voit moins que l’aspect physiologique. Que faire pour accompagner les parents qui sont dans cette souffrance dont on ne parle pas
Dr Chantal STHENEUR : pédiatre, hôpital Ambroise Paré Paris On voit souvent des jeunes filles qui arrivent aux urgences et sont reçues par des médecins qui ne connaissent pas les critères de gravité Les parents veulent que ça aille vite Les jeunes filles sont de plus en plus jeunes Dr Alexandra PHAM SCOTTEZ : psychiatre CMME ParisLa notion de gravité est un sujet très grave car la gravité est difficile à définir On pense toujours d’abord à la gravité somatique Un IMC bas n’est pas toujours un indice de gravité Par contre, une perte de poids rapide peut être plus alarmant
Le potassium très bas n’est pas non plus forcément un signe de gravité Par contre une cytolyse basse est un signe d’hépatite grave (La cytolyse hépatique est la destruction progressive des cellules du foie) Une bradycardie (rythme cardiaque) en dessous de 40 n’et pas toujours un indicateur obligatoire Pour le somaticien c’est plutôt l’évolution rapide qui doit être pris en compte Le côté psychique qui est un indice de gravité important doit par contre toujours être pris en compte, il y a des risques de suicide à ne pas négliger L’hospitalisation est une prise de conscience, une période où l’équipe doit être très vigilante C’est souvent une période d’effondrement chez la patiente adulte. La durée d’évolution n’est pas non plus un critère de gravité, quelquefois une période de maturation du symptôme peut être très longue (20 ans !) La gravité est liée à la chronicité et à tout ce que la patiente a dû laisser tomber : scolarité, profession , famille. Gravité aussi dans la notion de souffrance, la patiente prend conscience et dit à quel point la maladie la fait souffrir Quand la prise de poids en milieu hospitalier est difficile, c’est aussi un critère de gravité d’où dangers et limites du milieu hospitalier dans certains cas. Dr Sylvie ROUER SAPORTA : psychiatre CMME ParisDéfinir le critère de gravité ? Il existe une objectivité somatique mais pas de critère psychiqueGrave associé au TCA renvoie à la mort , mort associé au mot anorexie Grave parce que risque de non guérison Grave par les répercussions : profession , famille, solitude. Grave par les tranches d’âge, le TCA atteint les tous jeunes et les très âgés Grave parce que c’est une maladie qui n’a pas l’air d’une maladie et qui dépasse l’entendement humain, la personne fonctionne tout à fait normalement sauf sur ce plan là, on ne comprend pas. La notion de gravité n’est pas forcément liée à la pathologie Les répercussions sont souvent bien plus graves : professionnelle, somatique, psychique, sociale, familiale etc. Donc gravité pour qui ? gravité quand ? A quel moment cela devient grave ? Souvent la maladie démarre par un petit régime Est ce que ça devient grave dès qu’on commence un régime ? Ou bien quand l’IMC devient trop bas ? Quand doit-on commencer à s’alarmer ? quels sont les critères ?
Dans le mot gravité on pense urgence, pourtant la rapidité de l’évolution est plus un critère de gravité que l’urgence. Indications hospitalières : o hyper-activité psychique o prise de laxatifs o prise de substances psycho-actives Hospitalisation d’urgence : o L’attente d’une place en structure hospitalière de 15 jours à 3 mois est nécessaire, elle s’inscrit dans une démarche d’acceptation par le patient et par son entourage. L’attente est incontournable dans le cas d’une nouvelle hospitalisation. o L’hospitalisation d’urgence n’est pas toujours un critère de gravité Thérapie pour les TCA : o On conseille le plus souvent une thérapie en ambulatoire o L’hospitalisation n’est pas toujours indiquée o Il manque des structures spécialisées o Manque aussi de formation médicale, les étudiants en médecins ont 2 heures de cours sur les TCA pendant tout leur cursus universitaire, le TCA est méconnu. 3 - Recherche d’alliance thérapeutique avec les familles Dr Marie pierre ARCHAMBAUD : généraliste, société française des adolescents En 1800 les anorexiques étaient considérées comme hystériques … Quand l’ado n’accepte pas une consultation, il faut soutenir les parents, d’abord il faut que les parents apprennent à ne pas se projeter sur leurs enfants en leur mettant des étiquettes par exemple : « tu es ceci » ou « tu es cela ». Les parents doivent respecter leur enfant et doivent apprendre à accepter le symptôme. Le rôle de l’équipe soignante est d’aider les parents à reconnaître la dénégation et à amener l’ado à la consultation. C’est souvent une mère qui appelle le service et non pas un couple parental, la place du père doit être ré-instaurée pour que l’enfant accepte la consultation. La place du père est prépondérante dans la dénégation de l’ado , le père doit venir à la consultation. Nicolas SAHUC : diététicien, président de l’association l’ACT à Nîmes et du regroupement des 3 associations du sud : SUDTCA. L’alliance avec le père est souvent difficile, le père pense que la jeune fille n’a pas la volonté de manger, nous avons besoin des parents en tant que co-thérapeutes. Le but est de recréer la cohésion dans le couple parental face à l’alimentation La boulimique souffre autant que l’anorexique L’alliance thérapeutique doit se créer avec le médecin généraliste qui n’est pas formé pour la consultation pour la boulimie.
Les questions clé : o D’où vient la maladie ? o Est ce que le trouble a débuté par un régime ? o Est ce que l’ado est dans le déni du trouble ? o Quel type de thérapie ? o Quelle est la gravité de la maladie ? o Doit on penser à une hospitalisation ?
Le diététicien a pour rôle de dépister, l’hyperphagie par exemple ne peut pas être traitée par un régime mais bien en tant que trouble alimentaire. Dr Irène KAGANSKI : psychiatre à l’Institut Mutualiste Montsouris à Paris et Zorica JEREMIC : psychothérapeute à l’Institut Mutualiste Montsouris à Paris
L’allaince thérapeutique est un souci à tous les niveaux de la prise en charge. Il faut trouver un processus pour construire un système de soins Pour créer une alliance, il faut souvent plusieurs rencontres avec les familles, proposer des consultations avec les fratries. Les frères et sœurs ont besoin qu’on s’intéresse à eux, les fratries sont très souvent éprouvées. Les parents focalisent leur énergie sur leur enfant malade, ils pensent qu’ils ont perdu leurs compétences de parents
L’avis de la fratrie et de la génération au dessus ( grands parents ) peuvent faire avancer l’alliance thérapeutique pour l’enfant qui est dans le déni et qui finit par venir consulter. A chaque comportement il y un contre-comportment, l’ado qui souffre de TCA dit aux parents que c’est lui qui a un problème. Pour quelle raison un parent vient dire « je n’en peux plus » alors qu’il a toute la famille autour de lui ? Entendre l’angoisse des parents permet aux parents de sortir un peu de ce contexte familial.
Dr Brigitte REMY : Psychiatre MGEN Paris ( Mutuelle Générale de l’Education Nationale) Méthode Maudsley à Londres
o Toute la famille participe à aider la personne o Implication de l’entourage o Développement de la communication émotionnelle o Ouvrir la famille à l’extérieur o Utiliser l’écrit ( on demande par exemple au patient d’écrire une lettre à l’anorexie comme si il écrivait à un ami, un fait une sorte de journal pour la famille, une lettre à la famille pour dire ce qui a changé etc.) o La méthode incite à assouplir les relations et à positiver Efficacité de la thérapie familiale par de « parentectomie » On axe le travail sur l’expression des émotions, sur l’empathie être capable de se mettre à la place de l’autre sans être pris par l’émotion de l’autre.) La méthode utilise énormément de métaphores animales et de comparaison avec les comportements animaux, en se mettant à la place de l’animal on arrive à analyser son propre comportement. Conseils : Si vous trouvez que vous avez souvent des réactions négatives envers quelqu’un qui souffre de TCA faites vous aider par un thérapeute en vous posant la question : Qu’est ce que ça réactive en vous ? Faire part de son inquiétude à la personne qui souffre plutôt que dire : « tu devrais » Suggestions pour les prochains thèmes de Cœur au ventre : o Lien entre dépression et TCA o Que peut on mettre dans le mot « assiette » : le mot « assiette » signifie t-il nourriture ou milieu ?o TCA : Opportunité pour être plus heureux dans la vie ultérieure ? Objectif du TCA , vivre mieux après ce passage.
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