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"Ce que l'on montre et ce que l'on vit"
  

Peut-être vivez-vous près d'une personne anorexique et/ou boulimique et vous avez fini par avoir une idée bien définie sur ces maladies ? C'est pourquoi je tiens à m'exprimer tout particulièrement au niveau des "apparences".

  TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) "Ce que l'on montre et ce que l'on vit"

 "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux" Antoine de Saint-Exupéry

 Peut-être vivez-vous près d'une personne anorexique et/ou boulimique et vous avez fini par avoir une idée bien définie sur ces maladies ? C'est pourquoi je tiens à m'exprimer tout particulièrement au niveau des "apparences".

 Anorexique , j'étais d'une volonté inébranlable car je contrôlais tout au niveau alimentaire, et tout le monde avait fini par penser que j'étais une personne forte et courageuse.

 Cependant je tiens à dire que si je semblais intelligente, raisonnable et sage, j'étais envahie de très nombreuses peurs.

 Si je paraissais solide, j'étais en réalité complètement prisonnière de mes comportements obsessionnels (sport intensif, régime draconien, activité intellectuelle dont lecture?).

 Si je semblais si mûre, c'était parce j'avais déjà une vision très grave de la vie.

 Si je m'écartais des gens, ce n'était pas parce que je me sentais supérieure, mais uniquement parce que je craignaisles rapports humains qui m'avaient trop fait souffrir.

 Mon corps ayant été très longtemps résistant, je n'avais pas du tout conscience que je portais atteinte à ma santé. J'avais juste le sentiment d'être plus lucide et plus sensée que les autres personnes. Enfin, mon contrôle sévère sur mes besoins et mon alimentation, ainsi que mon amaigrissement me procuraient une impression d'autosuffisance et de sécurité, et plus précisément le sentiment d'être quelqu'un de "valable".

 Boulimique , perdue dans le regard des autres, je me montrais souriante et serviable, mais c'était en fait pour quémander une validation, un sourire ou un compliment qui me sortiraient un peu de ces sentiments envahissants et omniprésents d'être si nulle et si impuissante. A force de vouloir sans cesse être appréciée, je ne m'écoutais pas. Combien de fois ai-je fait des crises de boulimie et n'ai-je pas pu dormir en m'en voulant à mort et ravalant ma colère contre moi-même "(émotion parmi tant d'autres que j'étais alors incapable d'identifier à force d'être coupée de moi-même depuis des années) parce que je n'avais pas été capable de dire "oui mais.." et surtout "non".

 Tantôt paraissant "solide et obstinée", tantôt "serviable et douce", mon apparence dissimulait de multiples conflits intérieurs. En effet, j'étais une véritable écorchée vive, et je camouflais mon hypersensibilité et ma vulnérabilité extrême avec mes propres moyens. Je portais ainsi le masque de la disponible et gentille Vittoria alors qu'au fond de moi je n'avais pas du tout confiance en moi et étais émotionnellement complètement désespérée. Ce déphasage provoquait une telle culpabilité en moi que je n'étais même plus capable de me supporter et de me regarder en face.

 De surcroît, personne ne pouvait savoir que je vivais selon des mécanismes mentaux particulièrement dépréciateurs à mon égard et que mes désirs viscéraux de perfection et d'être aimée de tous s'avéraient à la longue complètement destructeurs. Et à force de vouloir l'impossible, j'avais fini par devenir ma pire ennemie.

 Sachez par conséquent que l'obsession du corps cache en grande partie de douloureuses et profondes peurs et angoisses.

 

Par conséquent, pour ceux qui côtoient ou côtoieront une personne atteinte de TCA, je les inciterais à la regarder "au-delà" des apparences et à ne pas la juger trop rapidement ; mais au contraire à l'écouter, et surtout à l'encourager à consulter un spécialiste. Assurément, grâce à une thérapie s'attachant notamment à une remise en question de la gestion des émotions et des comportements nocifs, il est tout à fait possible de sortir du cercle vicieux de la solitude et du désespoir inhérents aux TCA, et de guérir en apprenant à acquérir enfin non seulement l'estime de soi-même, mais aussi une bonne image de soi

source : http://enfanceetcroissance.com/