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Au delà de la vie

24 Décembre 1980, dans le nord de l’Alaska, aux abords d’un charmant village de pécheurs, un ravissant petit chalet illuminé de mille couleurs. La soirée est calme. A l’extérieur, le temps parait s’être arrêté. Il n’y a pas la moindre brise, la neige étouffant le bruit. Enfin, une atmosphère idéale pour une soirée de noël.

 

J’ai huit ans. Je m’appelle Max. Je vis avec mes parents et ma petite sœur qui a cinq ans.

 

Mon père répare les bateaux et ma mère est au foyer. La fête de noël est déjà bien avancée, dans peu de temps il sera minuit. Je suis collé à la fenêtre, regardant un ciel limpide illuminé de milliers d’étoiles. Une odeur de sapin, de chocolats, de friandises me fait ressentir la joie de Noël. Ma petite sœur Francesca est allongée sur le canapé et regarde la télé. Elle essaie de rester éveillée et désire ardemment voir le père Noël. Tout cela me plonge dans un bonheur intense. C’est alors que mon père s’approcha et mit son bras robuste autour de mon cou. Ma mère le suivit, se plaça à mes cotés. Elle me demanda ce que je regardais.

Je lui répondis :

 

-« Les étoiles, maman, les étoiles, il y en a tellement ! «  C’est alors que Francesca vint se blottir devant moi. Mon père se mit à raconter d’une voix captivante que certaines étoiles n’existent plus depuis des milliers d’années. Durant un moment, il me décrivit la vitesse de la lumière et les dimensions de l’univers. Il était fana des étoiles. A peine eut il fini qu’une étoile filante traversa le ciel. «  Faites un vœu « nous dit-il. Regardant le ciel, je vis un vœu. Au même moment, minuit sonna. Il prit la main de Francesca en disant  «  allons voir ce qu’il y a autour du sapin »

 

Emerveillé, je déballai mes cadeaux. Ma mère ouvrit son cadeau auprès de mon père. Des larmes de bonheur s’écoulèrent de ses yeux. Mon père s’approcha tendrement d’elle et l’embrassa. Un sentiment d’amour pérenne me traversa le cœur. Francesca et moi nous empressâmes de voir le cadeau de notre mère. Dans un écrin de velours, deux cœurs entrelacés laissaient apparaître un petit  cœur au centre. Un message lui disait : avant toi je vivais. Depuis le jour où je t’ai rencontré, j’existe. Je t’aime pour la  vie.

 

Je m’assis au sol, prés de la cheminée et ouvrit les cadeaux. Je pris le plus gros, arrachai le papier. Là, je laissai éclater ma joie. «  Un télescope «. Nous passâmes une partie de la nuit à monter le télescope, rire, grignoter et jouer. Nous  étions sous le règne du bonheur de noël et de l’amour.

 

Au matin, on décida d’aller faire une balade. A quelques kilomètres du lieu ou on habitait, ce trouvait la langue d’un glacier. L’on venait souvent à cet endroit car mon père collectionnait les roches. Ma mère lui avait offert un détecteur de métaux muni d’un capteur révolutionnaire pour l’époque qui était compatible avec la recherche de n’importe quel métal. Il était pressé de le tester. Arrivé sur les lieux, le paysage était fantastique. On était sur la langue, juste devant la glace et il se mit à chercher.

Francesca et moi nous jouions avec une luge tandis que ma mère accompagnait mon père. C’est alors que Francesca aperçu sur la glace proche d’elle un trou. Elle m’appela. Je me rapprochai d’elle ainsi que mes parents et à notre grande surprise nous vînmes une roche au fond. Mon père la retira. Ce n’était ni plus ni moins qu’une météorite ! C’était l’étoile filante de minuit !

  

Une fois rentré, mon père s’empressa de l’examiner. Il descendit au sous sol qui était son atelier à tout faire. Il y passa un long moment. A son retour, il eut l’air préoccupé.

  

Les fêtes de Noël s’écoulèrent dans le bonheur, puis vint la nouvelle année et le quotidien reprit.

 

Au printemps,  nous apprîmes que mon père était atteint d’un grave maladie, hélas incurable. On lui apprit qu’il ne lui restait que quelques semaines à vivre. Demain ne serait plus jamais pareil.  C’était la première fois que la mort me touchait de prés. D’un air qui ne m’était pas familier, un jour peu avant son départ, mon père me demanda de le suivre au garage. Il me montra la météorite que nous avions découvert un hiver. Il me pria de m’asseoir devant elle et de fermer les yeux.

 

Là, bizarrement, je sentis une présence. C’était très étonnant. J’étais en contact avec quelqu’un, sans le voir ni lui parler. Ce que nous avions pris pour une météorite était en réalité un vaisseau ou une capsule.

 

En un instant, ce qui se trouvait dans le vaisseau se dévoila. J’étais en relation avec un extra terrestre, du moins avec son esprit. En réalité, elle n’était pas si différente de nous, son génome était très proche du notre , mais elle avait une intelligence, une sensibilité très supérieure.  Je ne pouvais traduire son nom et la surnommait donc  Stella, l’aventurière des étoiles.

 

Stella était morte physiquement depuis des dizaines d’années. Cependant, au moment de sa mort, son esprit fut transféré, dans ce que j’appelais un vaisseau, boule d’un acier inconnu sur terre et sans ouverture.  A l’intérieur, une immense quantité d’énergie, et tout cela quasiment indestructible….

 

Sur sa planète, Stella était une scientifique de renom. Son vœu avait été de partir explorer l’univers. Malgré son intelligence hors du commun, elle ne pouvait réduire les distances, aussi eut elle l’idée de créer cet appareil pour lui permettre de parcourir des milliards de kilomètres sans craindre ni les températures extrêmes, ni les radiations étant donné que le vaisseau lui-même était composé d’énergies et pouvait toutes les absorber.  Je trouvais l’idée fabuleuse : une vie après la mort et pouvoir voyager ailleurs sans rien craindre ! J’ouvris les yeux, vis mon père et compris ce qu’il voulait : parcourir l’univers.  A partir de cet instant, jusqu’à son décès je passai beaucoup de temps avec lui et Stella. Je découvris des choses incroyables  cependant son état s’aggrava et il mourut. Les derniers jours, il resta alité. Il me demanda de glisser le vaisseau sous son lit et au petit matin, mon père nous quitta. Je récupérai le vaisseau et le mis dans ma chambre.

 Je discutai régulièrement avec lui et Stella durant de nombreuses années.

Il m’avait demandé de garder le silence vis-à-vis de ma mère et de ma sœur car il ne souhaitait pas les perturber.

 

Les années passèrent. Je faisais des études de physique et ma sœur de médecine. Notre mère tomba malade à son tour et elle succomba peu de temps après. Je pris à nouveau la météorite et la mit près d’elle. Rapidement, elle se mit à sourire. Elle ouvrit les yeux, nous échangeâmes quelques mots et elle partit. Ma sœur était présente. Elle était  intriguée par ce qui venait de se passer. Je décidais alors qu’il était temps de tout lui révéler.

 

Après l’enterrement, elle vint me trouver. Je la fis s’asseoir et lui demandai de fermer les yeux et de se détendre. Elle se mit à sourire. Elle rayonnait  de joie puis eut des larmes aux yeux. Elle me demanda pourquoi je ne lui avais pas révélé ce secret plus tôt. Je la pris dans mes bras et lui dit que c’était le souhait de notre père. 

 

Après deux années, Francesca eut son diplôme de neurologue et moi un poste de chercheur dans un grand laboratoire de recherche astronomique. C’est alors que mes parents et Stella nous firent comprendre qu’il était temps qu’ils partent.

 

Ma sœur et moi avions pris quelques jours de vacances. Nous étions dans la maison familiale. Le temps était venu de faire nos adieux. Le ciel était couvert, puis  un gros orage éclata. Stella m’avait expliqué comment décoller.  Nous fîmes nos adieux. Nous plaçâmes le vaisseau dans le jardin. Nous reculâmes. Le vaisseau se mit à émettre des petits clics puis une lueur rouge apparut. Stella m’avait prévenu de prendre nos distances et de nous boucher les oreilles. 

 

Le vaisseau se trouva rapidement en phase de réception d’énergie et là, un éclair le frappa. Instantanément, le vaisseau, dans un vacarme assourdissant disparut, projeté dans l’espace à la découverte de l’univers.  Des larmes se mirent à couler le long de nos joues. On ne savait dire si c’était des larmes de tristesse  ou de joie.

 

Quelques temps plus tard, nous nous retrouvâmes avec ma sœur dans notre maison familiale. C’était Noël, le premier sans nos parents. On se retrouva dans le garage ou notre père faisait sa préparation de roche.  La parmi ses collections, nous vîmes une roche qui ressemblait  étonnement à celle qui entourait le vaisseau. Nous décidâmes  de la mettre au pied du sapin. Minuit sonna.  On évoqua le fameux noël durant lequel nous avions découvert le vaisseau.  Je comptais tout cela à Francesca  car celle-ci était très jeune à cette époque. Peu après minuit, nous ouvrîmes nos cadeaux.  Au même moment, la pierre minuscule que nous avions récupéré se mit à grésiller.  Je la mis dans ma main et réalisai qu’il s’agissait d’un bout du bouclier du vaisseau de Stella. Celle-ci l’avait laissé à notre attention. En lui, une mémoire destinée à nous dévoiler comment reproduire un vaisseau similaire.

 

Quelques années plus tard, je commençai la construction du vaisseau. J’étais marié et n’avais pas d’enfant. Ma femme était également chercheur, aussi je lui dévoilai mon secret qui l’émerveilla.

 

Elle partit la première. Je mis le vaisseau prés d’elle, ayant peur qu’il ne fonctionne pas et le miracle survint. Quelques années plus tard, ce fut mon tour. Heureusement Francesca connaissait la procédure. Je partis donc, le cœur léger.

 

Dans le vaisseau, notre vision des choses était surprenante. Nous n’avions pas de corps mais nous nous côtoyions comme si nous étions encore vivants, sans problèmes physiques.

 

Quelques temps plus tard, nous fîmes nos adieux à ma sœur. Elle nous plaça dans le jardin, un jour d’orage. La procédure de décollage s’enclencha et nous partîmes rapidement.  Un éclair nous heurta. Instantanément, nous nous retrouvâmes dans l’espace, prés de la lune, au clair de terre. Nous fîmes quelques tours pour l’explorer puis nous primes la direction de la découverte. Le vaisseau se chargeait automatiquement d’énergie solaire. On fit un tour de lune pour se catapulter et nous partîmes à la découverte de l’univers.

 

Tout se passait dans la douceur de l’apesanteur. Subitement , une lumière m’éblouit et j’entendis une voix qui disait :

 

« mon chéri, il est l’heure, ne te met pas en retard « Quelle déception !! Ce n’était qu’un rêve…En allant à l’école, je repensai à tout cela. J’aurais tant aimé transformer la réalité. Mais voilà, je n’ai que Huit ans et je suis sur le chemin de l’école. Et si je m’intéressais à la physique ? un rêve qui bousculerait mon avenir…..Mais je suis encore jeune, j’ai le temps de penser à tout ça. Dans mon présent, une chose est acquise : l’amour de mes parents et de ma petite sœur vaut le plus beau des voyages……

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