Accueil arrow Nos Réunions arrow Comptes Rendus arrow Relations mère/fille, père/fille, parents/enfants vendredi 22 juillet 2011
 
 
Relations mère/fille, père/fille, parents/enfants vendredi 22 juillet 2011

                    COMPTE  RENDU  DE  LA  REUNION  DU 22 JUILLET  2011 fait par Alain et sa femme Lyliane que nous remercions chaleureusement.

 

                                                                « Relations mère/fille,  père/fille,  parents/enfants »

 

 

 

9 participants : 7 femmes et 2 hommes

 

Nous accueillons Martine qui vient pour la 1ère fois. Après nous être présentés et avoir échangé les dernières nouvelles, nous abordons le thème du jour.

Dans le groupe de ce soir se trouvent plusieurs mères d’enfants anorexiques et/ou boulimiques et plusieurs jeunes atteints de TCA. L’échange est donc intense avec des témoignages: nous sommes dans le vécu, dans l’intime…

 

Après ce temps de partage, on peut dégager quelques idées force et tenter de trouver des solutions face aux souffrances exprimées.

 

 

Du côté des parents, on évoque la complexité des relations avec les enfants atteints de TCA.

 

« Etre parent, et surtout, une mère, c’est une place difficile »

 

« En tant que parents, on est tellement démunis face aux TCA »

 

 

1 ) Au début, il semble qu’il y ait souvent une étape d’incompréhension face à des TCA qui sont quasi inconnus.

 

 

2 ) Puis, il y a une recherche d’information, souvent sur Internet ( bonne ou mauvaise solution ? Les avis divergent)

 

 

3 ) Vient parfois ensuite une phase de déni : on refuse l’idée, on refuse d’en parler. On rejette complètement cette maladie, ses causes et ses conséquences.

 

 

4 ) Surgit alors une période de conflit suivie de phases d’agressivité. Cette agressivité, au départ, un peu contenue, peut prendre des formes extrêmement violentes, physiquement et psychiquement.

 

 

5 ) C’est alors que la maladie prend une place totale dans la vie, tant du côté des parents - et peut-être spécialement de la mère - que des enfants. On réalise que ce trouble du comportement alimentaire est une maladie et qu’il faut désormais prendre des moyens pour le combattre en sachant que c’est une maladie difficile à admettre. Il est pénible et douloureux de voir son fils ou sa fille se détruire lentement mais sûrement:

 

« C’est lorsque ma fille ne pesait plus que 34 kg que je me suis vraiment rendu compte qu’elle pouvait mourir à tout moment »

 

«  En tant que mère, je me suis sentie complètement responsable de la situation de ma fille »  ( une autre participante)

 

 

6 ) Survient alors souvent, chez le père ou la mère, un sentiment de culpabilité : « Comment en sommes nous arrivés à cette situation ? Avons-nous tout fait pour éviter cette impasse ? Ou bien

 

«  qu’est-ce que nous n’avons pas fait ? », «  Quelles erreurs avons-nous commises ? » ….Ce sentiment de culpabilité peut être, selon les participants, plus ou moins intense mais il est en tout cas, prégnant chez tous les parents.

 

 

7 ) Il y a alors une immense angoisse qui se traduit par la colère et, souvent aussi, par la désocialisation. En perdant ses propres repères, on perd aussi beaucoup de relations, familiales ou amicales. On pense que l’entourage ne peut pas ou ne veut pas essayer de nous comprendre.

 

 

 

Et pourtant, des solutions existent. Nous en évoquerons quelques unes à la fin de ce compte-rendu. En attendant, place à la parole des jeunes :

 

« Au début de mon anorexie, j’étais complètement dans le déni avec mes parents. J’avais vraiment l’impression qu’ils ne voyaient rien. »

 

« Je me sens culpabilisée parce que je me sens surveillée, épiée en permanence, surtout au moment des repas. »

 

« J’ai trouvé plus de compréhension avec mon père qui savait prendre de la distance, plutôt qu’avec ma mère qui était dans l’angoisse permanente »

 

« J’ai beaucoup de problèmes pour trouver un bon thérapeute. Certains médecins ne comprennent rien. D’autres me paraissent à côté de la plaque ! »

 

«  Pour moi, heureusement, je viens d’en trouver un qui m’a mis en confiance et avec lequel j’ai un bon feeling »

 

«  J’ai de la peine à m’exprimer sur ma maladie étant dans une phase d’attente »

 

« J’ai l’impression d’être guérie actuellement de mon anorexie mais le suis-je vraiment ? J’ai, en tout cas, des relations plus apaisées avec mes parents et spécialement avec mon père qui, au début de ma maladie, ne comprenait rien. »

 

«  L’inquiétude entretient l’inquiétude. Plus mes parents me paraissent inquiets, plus je le suis et plus je m’enfonce dans mon anorexie »

 

«  Je sens que j’ai besoin de soutien et, en même temps, je refuse systématiquement toute aide. Je veux rester seule dans ma maladie. »

 

«  En tant qu’anorexique/boulimique, j’avais besoin de sécurité, de protection, d’être entourée. Ce que je n’ai pas dans ma famille. »

 

 

 

Des solutions existent, des moyens sont évoqués. Nous avons noté quelques pistes de réflexion:

 

 

1) le fait de parler, de dialoguer, semble, pour la plupart des participants, un « remède » efficace et même nécessaire.

 

 

2) C’est vrai qu’il faut s’informer sur les TCA mais trop d’informations « tuent » la bonne information. Il faut donc s’informer à bon escient.

 

 

3) Une relation de confiance doit être établie. Sans cette relation, il semble qu’il ne peut pas y avoir de guérison.

 

 

4 ) Le groupe parle alors longuement de l’éducation. Autrefois, elle était extrêmement sévère avec des cas caractérisés de violence physique. Aujourd’hui, on est passé à l’autre extrême : les enfants semblent avoir beaucoup de droits mais ne pas trop connaître la notion de devoir. Il y a donc, pour les parents, un juste milieu à trouver .

 

 

5 ) Il faut trouver le bon thérapeute donc ne pas hésiter à en changer si on n’est pas satisfait. Certains thérapeutes insistent plutôt sur un aspect qu’un autre. Il est très important d’avoir confiance dans le thérapeute, tant du côté des parents que des enfants. Se pose, quand même, pour certains, le problème du financement. C’est vrai que certains thérapeutes ont des tarifs très élevés.

 

 

6 ) Il faudrait donner « du temps au temps ». On ne guérit pas de ces maladies d’un coup de baguette magique. Souvent on voudrait que la guérison vienne plus vite alors qu’elle peut prendre des années.

 

 

7) Faire partie d’un groupe de parole est une solution qui, pour les participants de ce soir, semble « la plus sage »

 

 

« L’association « Cœur au ventre » m’a permis de déballer mes soucis, mes problèmes, mes interrogations, mes angoisses.  J’ai pu alors retrouver une certaine sérénité.