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Réunion du 23 février 2007: Si je change , mon environnement changera-t-il?

Compte rendu de la réunion du groupe Cœur au ventre du 23 févier 2007  

Les vacances de février débutant ce soir, nous  ne sommes que 8 personnes à débattre sur le thème du jour :         

Si je change, mon environnement changera-t-il aussi ?    

A-t-on vraiment envie de se dévoiler ? et de changer ?  

o         La difficulté de faire venir certaines de nos filles à nos réunions n’est elle pas simplement due au fait qu’elles ont peur de changer ?

o         Est ce une forme de manipulation ?

o         Non je n’ai pas conscience de manipuler qui que ce soit. Je cache mon comportement car j’en ai honte.

o         La crise de boulimie est un moment de réconfort et de plaisir mais qui ne dure pas. C’est une pulsion à laquelle on ne peut résister.

o         Pourquoi le cacher ? Est-ce que le fait d’en parler aux personnes qui vivent avec vous, de le leur expliquer ne vous aiderait pas à améliorer votre comportement ?

o         Le fait de le cacher sert à ce que l’entourage garde une « bonne » image de nous. Je ne veux pas qu’on dise de moi «voilà la Boulimique » mais qu’on me reconnaisse pour la vraie  personne que je suis avec ses valeurs.-          Pourtant pour des parents, même si l’enfant cache son comportement, ils le subissent, c’est véritablement le système des vases communicants.

o         Ce trouble du comportement affecte aussi l’entourage, peut détruire toute une famille.

o         Il y a le plus souvent une intolérance totale, parce qu’il y a incompréhension de l’entourage. On fait souvent le vide autour de soi. Que ce soit amis ou famille.

o         Si je le cache à mes amis c’est parce-que je pense que la solution est en moi. Personne d’autre ne pourra m’aider. Comment rétablir une harmonie entre entourage et enfants ? 

o         Il serait peut être utile de consulter en famille même sans la présence de la personne intéressée, pour pouvoir faire un travail sur soi et comprendre ses propres réactions.

o         Je ne crois pas aux psy donc il m’est difficile de le conseiller à ma fille.

o         Nous avons consulté en famille et je pense que si nous avions fait cette démarche avant, nous aurions pu mieux aider notre fille.

o         Consulter un psy fait vraiment du bien. Je vois un thérapeute corporel, c’est à dire qu’il agit à la fois sur le moral et sur le physique.

o         C’est paradoxal, car depuis que nous parlons librement de ce trouble à la maison, nous avons l’impression que notre fille va mieux, mais nous avons également l’impression qu’elle préfèrerait qu’on évite le sujet.

o         Comment ignorer cette maladie, comment « foutre » la paix à nos enfants alors qu’on les voit se détruire sous nos yeux ?

o         J’ai dit à ma fille « la souffrance que tu me fais subir, c’est mon problème, mais je continue à vivre et j’irai bien. Maintenant elle m’appelle pour me dire qu’elle va bien elle aussi et non plus pour me parler de ses souffrances dues à son comportement.

o         Il est important pour les enfants que leurs parents restent optimistes et continuent à avoir une vie sociale normale.

o         Arriver à canaliser et à déverser son trop plein d’émotions ailleurs est un début de solution (dans un sport par exemple). De toutes façons, on est tous liés les uns aux autres donc on ne peut aller bien les uns sans les autres….   

 

Citation d’un message de Sylvie …..


Si on devient soi , si on se dévoile aux yeux de l'autre, alors forcément tout va changer mais a-t-on envie que cela change?


Vivre en ne pouvant pas vivre parce que caché derrière la maladie est ce que ça ne semble pas confortable parfois? Protégé par l'obsession de la nourriture on peux se cacher!  

Si je change ,ma relation à l'autre va forcement évoluer , et cet autre s'il est trop impliqué dans ma vie peut freiner, interdire mon changement ,il faut que les relations puissent évoluer avec ce changement .

Je pense particulièrement à la relation mère-fille qui se doit d'être en évolution constante , la mère du nourrisson , de l'enfant , de la jeune fille ,de la femme ,puis de la mère de la malade , puis de celle qui franchit les étapes menant à la guérison, ne peut pas être la même ,elle doit accepter , accompagner ses changements.

Cette relation est forcément en perpétuelle évolution , et parfois mère et fille ne vont pas au même rythme ,ou il y en a une qui se complait dans une certaine période de vie.................
   

 

et de Béatrice : ……………………….. J'ai essayé d'employer des termes généraux qui puissent s'appliquer aussi à l'entourage et j'adhère complètement à que Sylvie et toi avez dit.


Moi aussi j'essaie de changer et ce changement ( tant réclamée par notre fille) n'est possible que grâce à la compréhension de la maladie, sinon c'est l'entraînement vers le fond et la dérive de la famille.


Ceci me fait penser à une image : celle d'une chorale où chacun doit ajuster sa voix en écoutant les autres, en modifiant son attitude corporelle, sa technique vocale... mais avant tout il faut que tout le monde chante la même partition.


Dans les TCA, il faut savoir contre qui on se bat pour opérer un changement efficace et juste et grâce à ce changement, la perception de ce qui nous entoure sera harmonieuse.( comme une chanson juste ) 

 

et de celui de Cécile : 

Si je change d'attitude, c'est-à-dire si je m'efforce d'exprimer mes émotions avec des mots (plutôt qu'avec mon comportement alimentaire) et bien oui, mon environnement changera.  

Déjà parce qu'il saura à quoi s'en tenir vis-à-vis de moi : c'est mieux quelqu'un qui laisse éclater sa colère quand il n'est pas content plutôt que quelqu'un qui ne dit rien, mais qui va ruminer sa rancœur dans son coin ! (traduction : qui va soit enchaîner les crises de boulimie soit au contraire se réfugier dans l'anorexie en refusant de s'alimenter)  Je crois vraiment qu'il faut "cesser d'être gentil" et "être vrai"...

J'ai écouté récemment une conférence de Thomas d'Ansembourg qui explique en effet combien nous sommes conditionnés depuis l'enfance par rapport à ce que l'on DOIT faire.  

Alors que si l'on prend conscience de ce que l'on VEUT, et ce que l'on ne veut pas (!), je crois que c'est un bon début pour aller vers une meilleure connaissance de soi... Et de l'autre aussi d'ailleurs, parce que si je me positionne par rapport à lui, il saura comment se positionner vis-à-vis de moi...