Accueil arrow Nos Réunions arrow Comptes Rendus arrow Les parents , quel modèle m'ont ils donné? vendredi 16 décembre 2011
 
 
Les parents , quel modèle m'ont ils donné? vendredi 16 décembre 2011

Groupe de parole du vendredi 16 décembre 2012.

 

 

Compte rendu fait par Marie Christine

 

 

Infos: Nous organisons une conférence débat sur l'hypnothérapie

 

Hypnose Ericksonienne et Humaniste

 

Le vendredi 10 février 2012 à 18h

 

avec Véronique Edéry Hypnothérapeute à Aubagne.

 

Lieu: Foyer des anciens du logis neuf à Allauch à partir de 18h.

 

 

 

Ce soir nous étions 11 personnes (3 hommes et 8 femmes) , nous avons eu l'immense joie de recevoir Julie et Audrey qui sont sorties toutes deux des problèmes liés aux troubles alimentaires.

 

 

Elles vivent toutes les deux dans des pays étrangers (Tchad et Israël), elles ont trouvé chacune leur équilibre avec un homme et nous ont fait la joie de nous apporter un souffle d'espérance et leur gentil sourire.

 

 

Ce qui a été étonnant c'est que sans avoir aucun contact entre elles , elles ont voyagé le même jour et nous ont fait la surprise de leur visite en même temps! Je savais que le hasard n'existait pas mais là nous sommes restés pour le moins surpris et hyper heureux de les retrouver là, parmi nous et en pleine forme.

 

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Paul ELUARD

 

 

Thème : les parents , quel modèle m'ont ils donné?

 

 

Nous avons fait un tour de table car ce soir il y avait deux nouveaux venus puis nous sommes passés au thème qui a soulevé beaucoup d'émotions;

 

 

Idées de chacun

 

 

Les parents ne peuvent pas aider, le conjoint lui le peut

 

les parents peuvent freiner la guérison, séparer les enfants des parents pendant la thérapie peut aider à la guérison

 

Les enfants nous permettent d'aller chercher au fond de nous ce qui ne va pas

 

Les parents doivent se soigner pour pouvoir aider leurs enfants,"quand dans un système un seul élément bouge tout bouge!" Une famille, un couple, est un système qui a son propre mode de fonctionnement, qui vit et qui évolue sans cesse. Sans un minimum de règles, l'équilibre nécessaire à une vie harmonieuse ne peut se maintenir.

 

La culpabilité des parents les pousse  quelquefois à refuser d'aller consulter parce qu'ils savent qu'un travail sur eux va sûrement être douloureux et ils ne veulent pas aller chercher dans leur inconscient leurs propres souffrances;

 

Le parent culpabilise et préfère l'hospitalisation de son enfant pour trouver l'aide de quelqu'un "qui sait" en essayant de couper tout contact avec le milieu d'origine.

 

 

Témoignages personnels (je les ai numéroté pour garder l'anonymat des participants)

 

 

1.      J'ai eu beaucoup de rancoeur vis à vis de mes parents qui ont décidé de me mettre au monde , moi je n'ai rien décidé. J'en veux surtout à ma mère, mon père qui travaillait était toujours absent.

Je suis partie de ma région pour m'éloigner de l'emprise de ma mère qui fait tout à ma place et ne me laisse pas respirer: je redeviens une enfant chaque fois que je suis face à elle

Je ne me sens pas adulte devant ma mère et moi je me laisse faire, je me remets dans la position d'une toute petite fille devant elle.

Mes parents voulaient un garçon, j'ai u peu mis de côté ma féminité je ne peux avancer dans une démarche personnelle qu'avec des thérapeutes hommes. Cependant  le comportement de ma mère m'a aidée à devenir autonome en opposition à ce comportement ultra protecteur. J'ai eu une très belle enfance , quand je suis dans la position d'enfant je n'ai pas besoin de me confronter aux problèmes quotidiens et c'est plus confortable mais ça ne dure malheureusement qu'un temps car la réalité me rappelle que je suis adulte et cet état d'adulte m'est insupportable.

 

 

 

2.      Faire une lettre à ses parents pour exprimer tout ce qu'on aimerait leur dire même si on n'envoie jamais cette lettre et qu'on la brûle symboliquement, la petite fille cherche toujours à faire plaisir, écrire une lettre peut permettre de dépasser ce mal-être.

La mère doit savoir inconsciemment ou consciemment qu'il faut "lâcher" ses enfants mais elle ne sait pas comment s'y prendre, entendre les reproches de ses enfants est trop pénible.

 

 

 

3.      Quand on est enfant , on veut être ce que les parents attendent de nous

 

 

4.      Ma mère m'a toujours dit qu'elle se trouvait sévère alors que je ne lai jamais ressenti, mon problème venait de l'extérieur mais aveuglée par sa propre culpabilité elle n'a jamais senti l'agressivité que je subissais en dehors de la maison.

 

 

5.      Aujourd'hui , on devrait vivre sans avoir à tenir compte de ce que les parents penseraient

 

 

 

Modèle parental:

 

 

1.      Mes parents m'ont donné un modèle de couple solide et travailleur et m'ont apporté la stabilité. Le modèle de mes parents c'est l'amour la générosité, le sens de la famille ils m'ont permis de me construire.

Même des parents laxistes et même une éducation avec des carences peuvent permettent aux enfants de se construire, on se construit aussi des erreurs de ses parents. Mes parents m'ont appris à accueillir les difficultés et à être à l'écoute sans chercher forcément à résoudre.

 

 

 

2.      Moi pour résumer mon enfance et ce que je garderai de mes parents j'emploierais les mots suivants : dominant, dominé, faiblesse, peur, humiliation, j'ai vécu tout cela au quotidien. J'étais en grande carence affective et j'avais un père violent. A cause de tout ce que mon père ne m'a pas donné j'ai encore aujourd'hui des complexes d'infériorité, ma mère avait les mains ligotées elle était bâillonnée par la terreur. J'en ai quand même tiré une certaine puissance, ces souffrances m'ont permis de rebondir et de  me construire, j'aurais préféré vivre dans une autre famille mais ce n'est pas ce que j'a vécu, j'ai entamé un travail pour ne plus avoir peur. Il faut casser avec son passé et essayer d'en tirer du positif

 

 

3.      Mes parents qui n'ont peur de rien m'ont aidée à m'en sortir et à me battre, je n'ai pas peur et je vais jusqu'au bout. L'exemple du couple de mes parents est un exemple que je veux reproduire aujourd'hui avec mon mari mais si j'avais des enfants , je n'essaierais pas de tout gérer à leur place

 

 

 

4.      J'avais un père très gros travailleur, il a bossé de 12 ans à 72 ans 12h par jour.

Ma mère était une femme solide qui assumait tout le reste mais j'ai perdu un frère quand il avait 5 ans et mes parents ont craqué J'ai donc voulu faire plaisir à mes parents et ne jamais les décevoir parce qu'ils étaient toujours tristes pourtant ce qui aide le plus c'est de réussir sa vie. Une mère envahissante c'est trop d'amour parce qu'on veut continuer à faire plaisir. Le parent doit essayer de se détacher pour laisser ses enfants s'envoler. Les enfants sont des éponges et prennent toutes les craintes de leurs parents. Ma mère en perdant son fils a eu la force de dépasser les difficultés, j'essaie d'en faire d même face à l'anorexie de ma fille pour ne pas entrer dans une relation émotionnelle et la culpabiliser.

 

 

5.      Mes parents m'ont nourrie ( ils ne m'ont donné que la nourriture au sens restrictif et premier du terme)

Le modèle que j'ai reçu est le suivant : silences , souffrance, et j'ai appris à me faire la plus petite possible

Mes parents étaient âgés quand je suis née,  ma mère a eu une jeunesse difficile et j'ai toujours eu envie de la protéger, j'ai commencé à vivre après leur mort.

Ma mère était une femme très soumise, très amoureuse de mon père elle a passé une vie entière en acceptant tout ce qu'il lui imposait. la vie de femme de ma mère n'a pas été très heureuse, chez mes parents ce n'était pas la joie de vivre, ils ne communiquaient avec moi que par la bouffe et en dehors des repas ils n'ouvraient pas la bouche.

Mes parents m'ont demandé de quitter la maison à 17 ans , ils avaient vu un garçon me tenir par les épaules. Pour que je parte,  ils ont mis un mot dans mon assiette parce qu'ils n'ont pas eu le courage de me demander de partir, j'ai trouvé ce mot en m'asseyant à table pour manger.

 

 

6.      Un modèle est une chose qu'on veut suivre, j'ai voulu être tout le contraire de ma mère. Ma mère il fallait la préserver, c'était dans l'inconscient familial: il fallait préserver ma mère parce qu'elle se faisait du souci

Ma mère était hypocondriaque et ça me heurtait à tel point que j'ai toujours ignoré mes propres maux (mots). Toute ma vie j'ai voulu préserver les gens qui m'ont entourée mais moi personne ne me préserve car je suis "forte".

 

 

 

 

7.      Mon père était toujours absent, ma mère omniprésente nous vivions dans un milieu  modeste et difficile mais avec le peu que nous avions nous avons passé de bons moments. Ma mère nous a montré que la vie était belle dans le pire comme dans le meilleur, mails elle est morte très jeune. Mes parents pensaient qu'il y avait toujours une solution.

 

 

 

Mot de la fin prononcé par "1" :

 

 

Je suis contente d'avoir vécu cette maladie même si je ne la souhaite à personne. Sans cette maladie je en serais pas devenue celle que je suis aujourd'hui.

 

 

Conclusion

 

 

Il n'y a ni de mauvais ni de bon parent; Il y a des parents qui font ce qu'ils peuvent avec leurs propres vécus , leurs joies , leurs peines. A chacun d'entre nous de faire ensuite un travail nécessaire pour se détacher de l'éducation reçue. Quand j'entends des adultes qui ont une vie sociale "normale" , je suis atterrée de me rendre compte à quel point ils ont besoin de rassurer l'enfant qui est en eux.

 

 

Le modèle parental influence nos vies même si nous essayons de nous en détacher. Comme nous l'avons lu dans les témoignages ci dessus, que le parent ait été aimant ou non, l'enfant devenu adulte a pu souffrir du manque d'amour ou du trop plein d'amour donné par une mère envahissante et la personnalité et les réactions que nous avons une fois adultes sont étroitement liées à ce modèle.

 

 

Que l'on veuille égaler les parents en voulant leur ressembler ou au contraire  faire le contraire de ce qu'on a vu chez eux pour devenir quelqu'un d'autre est bien une conséquence de ce modèle reçu dans la petite enfance.

 

 

Isabelle Filliozat a écrit un livre intitulé "il n'y a pas de parent parfait" : Etre parent est une grande aventure. Une aventure fabuleuse ... qui se révèle pourtant très éprouvante physiquement et émotionnellement. L'éducation se trouve souvent au centre des conversations.
Il y a les adeptes de la fessée, ceux qui ne jurent que par les limites et ceux qui prêchent la liberté. Pourquoi tant de passion ? Parce qu'au-delà des théories il y a notre inconscient. Nos blessures, notre histoire.
On ne s'aime pas toujours dans son rôle de parent. On se surprend parfois à agir comme sa propre mère alors qu'on s'était promis de faire le contraire. Nous aimerions ne trouver en nous, pour nos enfants, qu'amour et tendresse. Ce n'est pas si simple. Faxe aux débordements et aux transgressions de l'enfant, le parent se sent parfois démuni, exaspéré.
L'objet de cette passionnante enquête d'Isabelle Filliozat est de mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie. Elle propose des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver... Afin de retrouver la liberté d'être le parent que nous désirons être.