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Le contrôle vendredi 17 septembre 2010

Compte rendu fait par Elsa que je remercie chaleureusemnt au nom de toutes les personnes présentes......... 

Tour de table des membres du groupe

 

Je suis d’association depuis 3 ans, je suis anorexique, venir ici est très sympa. En rapport à ma maladie, j’ai fait deux accidents vasculaires cérébraux, j’en garde comme séquelles des troubles de l’élocution, et des douleurs des membres inférieurs.

  

J’ai eu une période d’anorexie à l’adolescence, qui revient dans les moments difficiles de ma vie. Mon fils souffre de toxicomanie. Toutes ses dépendances : nourriture, drogue, alcool, entrent dans le cadre des addictions. Pour moi l’association c’est aussi très sympa

  

Je suis dans l’association depuis deux ans ma fille souffre de trouble du comportement alimentaire. Je cherchais un soutien, je l’ai trouvé. Les échanges sont intéressants.

  

J’ai exercé une activité professionnelle prenante, une vie sociale et familiale remplie. J’avais pris beaucoup de poids et ça ne me gênait pas. Quelques temps après avoir pris ma retraite, j’ai eu la chance de faire un accident ischémique transitoire ( sorte de mini AVC). Il a été un déclic. J’ai fait un séjour dans centre de diététique à Ceyreste. J’ai compris que je souffrais d’hyperphagie, je mangeais trop de manière tout à fait anormale.

 J’ai appris les rudiments d’une nutrition équilibrée. Depuis j’ai perdu 45kg, je fais de la piscine deux fois par semaine, je marche. Je me sens mieux. Il y avait dans cette lieu des groupes de parole. Je les ai trouvés intéressants comme soutien et dans l’échange, ils m’apportaient quelque chose. J’ai connu l’association cœur au ventre à la journée des associations d’Allauch, samedi dernier. Et je suis membre depuis aujourd’hui. Il y a des moments pour favorable, et des moments non favorables. Il y a le bon moment.

 Je suis dans l’association depuis décembre 2009. Je trouve l’association intéressante, elle me permet d’être dans la confrontation aux autres, dans l’écoute, le questionnement. Lors de mon entrée dans la vie active, j’ai mis les TCA de côté, et je n’en ai plus eu. Pour autant, d’autres troubles du comportement persistaient : agressivité, relation fusionnelle, dépendance à l’autre, conflits, idées suicidaires. J’étais dans l’acceptation, je ne travaillais pas pour les supprimer. C’est en rencontrant mon mari, dont l’intelligence interpersonnelle est certaine, en comprenant que j’étais dans un milieu toxique et en ayant à nouveau des accès boulimiques, que j’ai réalisé mon dysfonctionnement mental. J’ai alors commencé deux psychothérapies, différentes et complémentaires qui me permettent de progresser dans mon rapport à moi-même et aux autres.

 

Je suis dans l’association depuis décembre 2009. Je souffre d’hyperphagie, ici j’apprends beaucoup. Au fond on a tous les mêmes problèmes, on souffre tous.

 

J’ai une thérapeute qui me propose des exercices, je ne fais pas ceux qui ne me correspondent pas.

  Je suis également dans l’association depuis décembre 2009. L’association m’a permis de connaître des thérapeutes. De voir qu’il y a des gens dans la même galère. Cela me fait du bien. Je suis suivie par deux thérapeutes. Parfois leur discours est différent, et je me sens perdue. Une de mes thérapeutes m’a fait signer un contrat. Je ne dois pas manger de pain, pourtant je continue à en manger. Interventions : « Tu dois apprendre à t’imposer, le thérapeute ne sait pas tout, tu existes tu peux dire oui ou non, tu peux arrêter ta thérapie si tu veux, tu as le droit de dire merde ». « Sur le principe, être maître de soi c’est très bien, en revanche l’application n’est pas évidente » «  moi de ma thérapie j’en ai ras le bol, je n’avance pas, ça ne sert à rien, ma thérapeute me dit de me relaxer et je ne le fais  pas », « le contrat c’est n’importe quoi » « pour certaines personnes le contrat ça marche » «  ce n’est pas un contrat avec le thérapeute c’est un contrat avec soi même » « Pourquoi tu pleures ? »

J’ai l’impression de ne pas avancer, de faire du sur place, je ne sais pas quel sont les bons choix. Au mois d’Août je me suis sentie abandonnée. « Et ton déménagement ? »Oui il s’est bien passé et j’ai trouvé un travail Le groupe en cœur c’est SUPER

  

Notre fille souffrait de boulimie et d’alcoolisme. Au début nous n’avions pas d’espoir tellement son état était terrible. On a souhaité qu’elle meure tellement elle était dans un état lamentable. Elle semblait irrécupérable et les médecins consultés à l’époque ne nous donnaient aucun espoir et allaient jusqu’à dire que si elle s’en sortait elle aurait des séquelles terribles et irréversibles.. La pire de tous les cas que nous avons reçus dans cette association, c’était notre fille.

 

Aujourd’hui elle est guérie, heureuse mariée, elle a trouvé sa voie. Elle vit dans un pays étranger.

 

On peut en sortir, il faut du temps.

 

Nous sommes là pour dire aux personnes qui souffrent de TCA qu’il faut garder l’espoir car on en guérit.

 

Nous avons compris combien nous avions été impuissants. On ne peut pas être parent et thérapeute.

  Notre fille souffre d’anorexie, elle vit actuellement à plusieurs milliers de kilomètres. Parfois elle nous reproche de ne jamais l’avoir aidée, « tu n’as jamais rien fait pour moi » pour nous, elle se met dans la position du bébé. Actuellement elle présente des œdèmes et nous dit qu’ils sont en rapport avec sa réalimentation. En raison du décalage horaire, après nous avoir avertis de son désir de nous appeler, elle nous a téléphoné hier à 2 heures du matin pour nous faire part de son anxiété. Nous lui avons répondu que nous ne pouvions pas faire grand chose, et d’aller voir un médecin pour faire le bilan de ces oedèmes, mais elle ne veut pas, elle dit pouvoir gérer cela elle même.

C’est un peu comme une piqûre de rappel de la souffrance.

 

Notre fille a parfois des réactions beaucoup trop fortes. Je lui demande « pourquoi tu prends cela tellement à cœur », ou « pourquoi tant d’agressivité »

  

Assemblée extraordinaire de l’association

 

Il est décidé que l’association prendra en charge une partie des frais en rapport à l’hospitalisation d’une jeune fille souffrant d’anorexie

 

Le thème de ce soir porte sur « Le Contrôle »

  

Le contrôle c’est quoi ?

 

C’est le maître mot. Tout part de là

 Dans l’anorexie, le contrôle de la nourriture est à l’origine de la maladie. Notre fille contrôlait facilement la nourriture, contrairement à ses copines, elle n’avait aucun problème pour rester mince, elle en a joué, elle est allé trop loin. Aujourd’hui c’est la maladie qui la contrôle, elle ne contrôle plus rien. Le trouble fait d’elle ce qu’il veut

On essaye de contrôler, de maîtriser, quelquefois c’est tellement dur 

 

Contrôler c’est s’enraciner dans le problème. Il n’y a rien à contrôler. Contrôler c’est une obsession, dont il faut arriver à sortir

 

Dans ma guérison de l’anorexie, le passé je m’en fous, je le liquide, je retourne à la vie. Je n’exerce plus un contrôle sévère ou strict. Pour autant, il me reste une forme de mécanisme, d’automatisme de la maladie. Une participante lui fait remarquer qu’il y a toujours des « cacarinettes » dans la tête, avec des rituels, des comportements de réassurance qui peuvent parfois entraîner des situation de mise en danger.

  

Qu’est-ce que l’on peut contrôler ?

 

Quand tout nous échappe, on peut en venir à contrôler l’alimentation, pour avoir le sentiment de contrôler quelque chose, ça en devient la seule chose qui reste à contrôler.

 Contrôler son activité, faire des choses jusqu’à l’épuisement, rendre service à tout le monde.

Il y a une notion d’idéaliste, de perfectionnisme

 

Je pense que ce que je veux contrôler ce sont les émotions : la colère, la peur, l’angoisse. En me lâchant dans la nourriture, par un accès boulimique, je continue à contrôler l’émotion, à la mettre à distance.

  

Pourquoi le contrôle ?

 

Le contrôle donne un sentiment de toute puissance

  

Il est anxiolytique, il permet de calmer l’angoisse. On se focalise sur quelque chose. Du coup ce qui fait mal on ne le regarde pas. C’est une solution pour ne pas affronter quelque chose.

  

Le contrôle et l’Autre

 

Il y a le regard de l’autre. Se contrôler soi même afin de ne pas être contrôlé par l’autre. On se  contrôle soi même afin d’empêcher l’autre de vous contrôler, ou de contrôler à votre place.

  

Une participante s’adressant à notre présidente avec humour : « c’est toi qui nous contrôle »

  

Je contrôle mes relations avec les autres. Je ne me laisse pas envahir par les autres. Je cloisonne mes relations avec les autres. J’ai peur que l’on touche le point sensible. J’ai peur de perdre le contrôle. Le point sensible c’est l’intimité. Elle n’est autorisée qu’à mes enfants. Avant je disais que j’étais quelqu’un de solitaire, pourtant j’ai une vie sociale, je me rends compte que les gens avec qui je fais des activités : marche, gym, m’apprécient, se préoccupent de savoir comment je vais. Pour autant je ne reçois personne chez moi. Tant que c’est dehors ça va. A l’intérieur personne ne rentre. Avant je pensais être quelqu’un de sauvage. Aujourd’hui je sais que ce symptôme fait parti de la maladie. Je me protège de quelque chose, j’ai compris que c’est une protection artificielle. Dès que j’ai un comportement où je fréquente des personnes, que j’apprends leur problèmes, que je rentre dans la vie des autres, ou que les autres rentre dans la mienne, cela me gène. Même si mon comportement n’est pas naturel, pour le moment « ça ne me manque pas »

 Comme si les autres étaient dangereux

 

Il y a des cultures différentes, en Asie, les gens ne se reçoivent jamais les uns les autres à leur domicile.

  

Le contrôle et le lâcher prise

 

J’ai du mal à trouver la limite entre lâcher le contrôle et le laisser-aller. J’alterne des phases de contrôle et de craquage, je n’arrive pas à être raisonnable

  

Etre dans le contrôle entraîne quoi ?

 

Le contrôle entraîne l’incontrôlable, les pulsions

 

C’est quand l’on veut contrôler que l’on ne contrôle plus rien

 

Quand on est dans le contrôle on est dans la cage aux lions, entourés d’une grille, on tourne et on reste dans le problème. Le contrôle n’apporte pas de solution