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Culpabilité vendredi 18 décembre 2009
18 décembre 2009   , nous sommes ce soir 14 autour de la table , il y a une nouvelle venue ainsi qu’une personne qui vient d’Arles et deux d’Aix en Provence.

 

 Nous devions recevoir une intervenante : Marie Claire Forgeaud , maître praticienne en PNL mais les mauvaises conditions météorologiques l’ont obligée à annuler, nous reporterons son intervention à début 2010.

 

 Nous décidons donc de reprendre le thème initialement prévu, la culpabilité,  mais les discussions fusent dans tous les sens, nous avons besoin d’échanger , ce groupe de parole est le dernier en 2009.

 

 

Elsa nous a fait un compte rendu précis et le plus fidèle possible à ce qui s’est dit hier, nous la remercions chaleureusement pour ce travail, Elsa a pris des notes en participant quand même de façon très active au groupe de parole.

  A la fin de son compte rendu j’ai mis des notes personnelles que j’ai comme d’habitude glanées ci et là. En lisant ce compte rendu j’ai eu l’impression de revivre ce groupe de parole très riche, bonne lecture.

 

   Thème : la culpabilité

 

 

PRESENTATION des personnes présentes

  - ma fille est boulimique anorexique alcoolique, je ne sais pas pourquoi c’est venu, ni pourquoi elle s’est arrêtée, elle va très bien. On s’en sort (de cette maladie)

 

 - j’ai présenté un trouble du comportement alimentaire sur une courte période, j’en suis sortie.

 

 - je présente une hyperphagie, boulimie compulsive. Je ressens les problèmes physiques : mal aux reins, douleurs à l’estomac, lourdeur, culpabilité

 

 - j’ai eu une période d’anorexie adolescente. Aux périodes difficiles de ma vie je me nourris n’importe comment. Il y a beaucoup de similitude entre les TCA et mon fils qui présente un problème avec la drogue. C’est difficile de s’en sortir.

 

 

- ma fille est hospitalisée actuellement, elle a 19 ans, cela fait 6 ans qu’elle est anorexique. Elle était sortie de l’hôpital en juillet, puis y est retournée le 21 octobre avec un IMC à 7,5, elle pèse 17 kg. Elle n’a pas compris ce qui lui est arrivé de juillet à octobre, elle était retournée au lycée. Puis en octobre elle est rentrée dans un semi coma, en frôlant la mort. Elle va mieux, elle arrive un peu à marcher, c’est un miracle qu’elle soit là. Elle m’a dit « j’ai eu peur de mourir ». Elle ne se rappelle plus de rien. Aujourd’hui à l’hôpital elle refait le tri dans ces aliments. Elle réapprend à se resservir de son corps. L’équipe médicale a du attendre avant de l’alimenter, de plus elle a contracter une infection à Staphylocoque Aureus.

                 - il y a un service spécialisé pour les anorexies sévères sur Dijon 

 

  

- je souffre de crise de boulimie et de vomissements depuis l’âge de 17 ans (G a à peu près 33 ans), actuellement cela dérive vers d’autres choses : alcool, je préfère ne pas essayer les drogues, la dépression n’est pas loin, je n’ai envie de rien faire, sauf manger

  

- je suis boulimique vomisseuse depuis plus de 10 ans, je suis déprimée vidée

  

- (57 ans) boulimique non vomisseuse, succession depuis l’adolescence de poids excessif jusqu’à 125 kg, je sens que je lâche prise, j’ai repris beaucoup de kilos j’ai besoin d’aide.

  

- (36 ans) j’ai un trouble de l’identité qui est multifactoriel : peut être génétique faible sécrétion de sérotonine, de dopamine, épigénétique durant toute sa grossesse ma mère a vécu la mort lente de ma grand-mère (cancer de l’ovaire) elle est morte une semaine après ma naissance, l’éducation dans la toute première enfance, cela c’est traduit à l’adolescence par des accès boulimiques qui se sont arrêtés à 23 ans pour reprendre à 36 ans en mars 2009. Ne pas avoir de boulimie ne veut rien dire quand on a un trouble de la personnalité. Merci aux boulimies d’être revenues, il n’y a que comme cela que je pouvais comprendre : mes difficultés dans mon rapport aux autres, ma peur des autres, ma peur de l’abandon, mon immaturité émotionnelle, mon hypersensibilité, je veux progresser. J’aurais été incapable de vous dire tout cela il y a un an.

     

- Angélique la thérapeute du dernier groupe (anorexique guérie actuellement thérapeute) m’a fait trop peur (très grosse atteinte physique avec de nombreuses mutilations : œsophage, estomac, incontinence urinaire et fécale).

    

- je suis maman de C, anorexique boulimique depuis plus de 8 ans, elle a 23 ans. Elle vit loin. Elle est indépendante depuis l’âge de 17 ans. Elle s’est arrangée pour être éloignée de nous. Quand on est éloignée on arrive à dire les choses. Il y a cette distance qui permet d’être plus détachée, d’analyser plus les situations.

 

                - il y a un coté positif

  

- anorexique depuis de nombreuses années, dans le groupe de puis deux ans, en voie de guérison avec ma thérapeute Anne Chablis, cela fonctionne très bien

 

- avec une personnalité hypersensible on est souvent en représentation, on dit au thérapeute ce qu’il attend de nous. Il faut en face de nous un thérapeute fort. Je vais commencer en janvier des séances de groupe avec Catherine Hervais sur Paris.

 

- Quand je grossis je voudrais être dans un trou. On n’apprécie pas la vie. Si le thérapeute me donne le goût de vivre, je suis intéressée.

 

- Il n’y a pas de solution thérapeutique miracle

 

E et M notent le coordonnées du thérapeute Anne Chablis

     ECHANGES

 

 

- il y a un caractère obsessionnel, dans le fait de manger, on tombe dans la dépendance

 

- manger permet d’éviter la dépression

 

- j’ai moins de symptôme mais je déprime « arrêter de me parler, de m’envoyer des messages, de mails » je me force à faire

 

- je me force pour le sport, mais pour le reste non. On s’en veut, je ne suis pas capable de contrôler cela. On a besoin d’un coup de pouce. A 57 ans il faudrait que je mûrisse.

 - Anne Chablis a répété que le trouble alimentaire est « la solution momentanée que l’on a trouvée à un problème ».

 

 

- les gens (présentant ce trouble) se cachent, je me mets sous sa couette, m’enferme, me cache, est ce que cela aussi c’est une addiction ?

 

                - c’est se protéger, les personne en souffrance ne sont méchantes que vis-à-vis d’elles-mêmes pas vis à vis des autres      

 

- ce n’est pas de ta méchanceté c’est celle de la maladie

 

- la peur de vivre, car on se sent pas assez bien, pendant toute son enfance « on est pas assez ceci ou cela ………». On n’est jamais assez bien, regarder penser à tout ce que l’on se reproche soi même. Tous ces problèmes en définitive c’est du vent, on se crée quelque chose mais on n’est pas tout cela. Si on pouvait se voir de l’extérieur (on comprendrait)

 

- c’est un problème d’estime de soi. Mon frère est un garçon avec une double personnalité : il y a le gentil, adorable, charmant et sous l’emprise de la drogue il est agressif, violent, c’est quelqu’un d’autre. C’est la dépendance qui fait agir comme cela

     

- la culpabilité elle vient aussi du regard des autres. Mon ami m’a dit « pourquoi tu ne peux pas te retenir, je ne te félicite pas ». Ils ne comprennent pas. Les autres cherchent toujours une raison. Moi je n’arrive pas à l’expliquer.

 

- je niais la réalité, ma fille vomissait et je ne voulais pas le voir. C’est bon de se remettre en question et grâce aux problèmes de ma fille j’ai été obligé de faire un travail sur moi.

 

- si ton compagnon a des réactions inattendues : accepte le. La boulimie était inacceptable pour moi, et je ne l’accepterai jamais. Je n’accepterai jamais ça. La boulimie ce n’est pas la personne. On a compris que ce n’était pas de notre faute.

 

- j’ai décidé d’en parler à ma sœur, mais elle n’a pas réagi

 

- personne de mon entourage ne le sait, je ne le dis à personne, je commence un peu à le dire au travail, mais les gens ne réagissent pas

 

- nous devons leur permettre de comprendre cette maladie, en  proposant à l’entourage de lire des livres qui l’expliquent comme : « Vivre et communiquer avec un proche boulimique anorexique » de Catherine Hervais, par exemple, en plus on apprend soi même.

  

- (moins de 30 ans) je me reconnais un peu dans ce qui est dit. Je me coupe des autres, parce que j’ai des amis, mais ils sont peu disponibles. Je me coupe alors de moi-même. Ils sont en couple, et on du mal à se libérer, on dirait des couples de 50 ans !

 

                - merci pour les couples de 50 ans

 

                Rires du groupe

 

- ils n’en ont rien à foutre de moi, je me replis sur moi-même, je me déprécies. Il y a la peur de l’abandon, mes parents sont morts à deux ans d’intervalle. La mort de mon père ne m’a pas anéantie car je n’étais pas très proche de lui. En revanche je n’arrive pas à faire le deuil de la mort de ma mère. La boulimie a démarré après sa mort.

 

- la peur de l’abandon. Ma mère était dépressive et elle m’a confiée à ma grand-mère. Toute ma vie j’ai eu l’impression que ma mère préférait ma sœur. J’ai toujours eu cette peur que l’on me préfère à quelqu’un, cela rejoint une forme d’hypersensibilité.

   

- Ma a été abandonnée par sa mère biologique, j’ai toujours eu l’impression que son frère et elle avait besoin de plus d’amour. Ils sont très hypersensibles.

 

- je sens que j’ai une forte demande affective, je demande beaucoup. Je ne le fais pas exprès. Pour que j’accepte une frustration il faut communiquer, par exemple quand un ami annule un rendez vous avec moi, j’ai besoin d’une explication.

 

- j’ai toujours pensé que se remplir par la nourriture, c’est combler un vide

 

- tout ce que je fais aujourd’hui c’est ce que j’ai vécu avant, je projette, on n’est jamais dans le moment présent, on est dans un moment faux. Il faudrait se détacher de ce passé, arrêté de projeter, cela ne sert à rien. On ne décide rien, la seule chose intéresse à faire c’est vivre le moment présent , l’ici et maintenant.

 

- on peut aussi vivre avec le passé, ne pas l’oublier, l’accepter.

      

                - qu’est ce que vous voulez faire face à quelqu’un qui ne veut rien faire

  

- pendant longtemps j’ai tourné en rond, et puis j’ai compris que c’était ta vie, vas-y. J’ai longtemps pensé que ma fille c’était comme moi, elle s’en sortirait. Je ne me tape pas dessus, j’ai fait des erreurs. J’ai étouffé ma fille petite par trop d’amour. Je ne pouvais pas supporter qu’elle pleure, qu’on la gronde. Ma fille est née avec un problème à elle. Il y avait J qui voulait mourir et J qui ne voulait pas mourir.

 

- tu peux recouper par la psycho-généalogie, il y a une répétition. Quand tu en prends conscience tu casses le processus.

 

- on voit sur la photo de mariage de mes parents ma mère squelettique , ma fille est restée longtemps prisonnière de la boulimie, y aurait il en effet une sorte de transmission inconsciente ?

 

- ma fille voyait dans mon regard la peur, ma souffrance. Elle essayait de nous plier en deux. « Est-ce que vous m’acceptez telle que je suis ? » Elle avait un jeu à jouer. Et nous on avait envie de lui donner un coup de pied au cul. Mais tout cela prend naissance dans l’inconscient.

  

- quand on s’en sort, est ce que l’on peut rechuter ? Est on sur le fil du rasoir ?

 

- il y a une fragilité mais tu peux rebondir. Quand j’ai un gros problème je me coupe de la nourriture. Ce gros problème fait naître : culpabilité, honte. Mais on a une force qui nous fait réagir. On peut re-sombrer, mais tu peux rebondir.

 

- il y a une fille du groupe qui a trouvé son salut dans l’écriture. Ça a toujours été son défouloir.

 

Aujourd’hui elle va bien elle est très heureuse. Si tu as réussi une fois à t’en sortir tu peux le réussir à nouveau parce que tu connais le goût du bonheur.

   

- nous sommes fusionnelles avec notre mère. Avec mon psychothérapeute, en très résumé, j’ai compris que ma mère est partout, avec moi en train de faire la cuisine, avec moi quand je fais l’amour avec mon mari. Mon thérapeute veut que je tue cette mère idéale, cette chimère. Et comprendre n’est encore pas assez, j’ai à devenir authentique, moi-même. Seule une thérapie peut nous aider à devenir autonome à trouver nos propres valeur.

  

- parfois je résiste (à une pulsion) mais je ne comprends pas pourquoi le lendemain je n’y arrive pas. Je ne retrouve pas mon histoire dans ce qui est dit dans le groupe. J’ai cette sensation de faim terrible, qui n’est calmée qu’en mangeant. Le calme dure 3 heures. Je vomis. Cette sensation de faim est très présente.

 

-il y a un coté cérébral et un coté mécanique dans cette pathologie. Moi aujourd’hui j’ai perdu la sensation de faim.

 

- l’estomac n’est plus habitué à manger, on perd le contrôle

 

- les pulsions sont là pour nous punir

 

- il y a une notion de dégoût, elle vomit son dégoût, en plus de vomir la nourriture

 

- je suis dans le mécanique. Aujourd’hui je mange un peu, plusieurs fois par jour. J’ai faim tout le temps, je me retiens de ne pas trop manger car alors je vomirais. Je ne veux plus vomir. Je suis arrivée à avoir moins la sensation de faim, j’ai moins le ventre lourd après avoir mangé, et moins envie de vomir.

 

- on oublie de parler de la diététique, il faut réapprendre un équilibre alimentaire. On parle de consultations chez un psychothérapeute mais il me semble que des consultations chez un diététicien pourrait nous aider à gérer les crises.

 

- M.Marmottant Guy est diététicien, je le trouve très bien. Il m’a dit « apprenez à vous aimer ». Pour moi il a tout compris.

 

- manger souvent en très petite quantité m’aide à moins avoir de crises, suivant les périodes j’en ai 2 à 3 par semaine, et puis pendant quelques mois plus rien. L’enfer c’est de manger et vomir toute la journée. Je dis stop au vomissement, si tu es dans le cercle vicieux, c’est normal que tu aies faim. Je mange tout ce que je m’interdisais, ce qui me faisait plaisir. Et la pomme la fameuse pomme, qui me poursuit depuis mon enfance, « tu as faim, « mange une pomme ! » » je dis non.

 

- moi aussi j’ai envie de manger de bonne choses, raffinées, quand il n’y a rien chez moi qui m’attire je sors pour acheter et je prévois mes crises.

  

- qu’est ce qui te fait arrêter ta pulsion de manger?

 

- le corps a une limite, toute est distendu le ventre, les reins douloureux, les maux de tête. Je n’ai jamais eu envie de vomir, quand je suis écoeurée du sucré, je passe au salé. Je bois beaucoup d’eau

 

                - ce n’est pas du plaisir

 

                - je ne ressens pas d’écoeurement, cela ressort toujours, je ne contrôle plus les vomissements , ça sort tout seul

  

- est ce que c’est une bonne chose de culpabiliser ?

 

                - je me sens mal, la culpabilité vient toute seule

 

- il peut y avoir d’autres compulsions : les achats, l’alcool , le sexe,la drogue etc…….. les traumatismes auto infligés : comme les scarifications

 

Quelques phrases relevées pendant le groupe de parole :

  

-          Avec cette maladie on est dans la séduction, on essaie de manipuler les autres et même le thérapeute sans se rendre compte que c’est soi même qu’on manipule

 

-          Ce qui est dominant c’est le caractère obsessionnel du TCA

 

-          Le TCA pousse les individus à l’isolement et on souffre presque plus de cet isolement que de la maladie elle même

 

-          La thérapie c’est le retour à la vie, quand on subit ce trouble on s’en veut : culpabilité envers soi et envers les autres

 

-          Notre culpabilité vient aussi du regard des autres il faut que l’entourage comprenne cette maladie même s’il ne l’accepte pas dans un premier temps

 

-          J’ai tellement peur de l’abandon et de la solitude que je me jette sur la nourriture quand je me sens abandonnée

 

  Voilà , la réunion a été très intense , toutes les émotions, larmes et rires ne peuvent être retranscrites ici. 

Je suis toujours étonnée par la beauté des âmes de celles et ceux qui par leur souffrance l’expriment sans retenue et je vous remercie à tous et à toutes de m’avoir aidée à comprendre ma fille et à grandir.J'espère que chacun des groupes de parole vous aide à retrouver peu à peu le chemin de la lumière.

 

 

Je vous souhaite de bonnes fêtes et surtout , je vous souhaite la paix intérieure pour cette période propice et pour l’année 2010 et les suivantes. Marie Christine