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Cuisiner, vendredi 6 mai 2011

Vendredi 6 mai

 

CUISINER : Est-ce que je cuisine ?

                       Qu’est-ce que je cuisine ?

                       Où est-ce que je cuisine ?

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Compte rendu fait par Béatrice que nous remercions évidemment très chaleureusement.

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Nous sommes 14 aujourd’hui « autour de la table ».

Après les présentations habituelles où chacun peut s’exprimer sur son vécu par rapport aux « TCA », nous avons abordé le sujet. Au premier abord, il semblait ne susciter que peu d’intérêt et pourtant on a pu constater au fur et à mesure de la discussion l’importance qu’il avait sur le plan relationnel et émotionnel. La présence de la petite Elodie a aussi contribué à faire réfléchir sur l’allaitement et l’attitude des jeunes enfants vis-à-vis de la nourriture.

 

 

-        J’attache beaucoup d’importance à la présentation dans la cuisine : couleurs, décoration de la table. Depuis un mois j’ai de nouveau un dégoût de la nourriture et pour m’en sortir j’essaie de trouver des trucs comme par exemple cuisiner un plat de ma mère qui me plaisait et à partir de là j’en invente de nouveaux

-        En tant que parent, je n’ai plus envie de faire les courses ni de me nourrir mais quand ma fille vient, j’ai envie de cuisiner.

-        Pour les courses, je ressentais de la colère qui me renvoyait à son addiction puisque la nourriture était l’objet de sa dépendance.

-        Ma fille aime manger mais elle ne se donne pas le droit d’avoir ce plaisir.

-        J’ai horreur de faire la cuisine et les courses. Il faut aller vite. La cuisine est pour moi une perte de temps.

-        Il faut beaucoup d’amour pour cuisiner (du moins c’est ce que je pensais) mais ça ne marchait pas. Alors j’ai cherché à aimer faire la cuisine. Sur le marché, j’aime sentir les odeurs, je suis sensible aux couleurs.

-        La cuisine est symbole de convivialité et de partage

-        Je ressentais la colère de mes parents à travers la nourriture et peut-être, mon dégoût est-il venu de là. L’atmosphère, l’accompagnement, certains trucs me permettent de pouvoir manger.

-        Le climat des repas était important. Ma fille se disait peut-être : si je ne mange pas, ils ne vont pas se disputer. A la fin du repas, elle se retrouvait seule et c’était difficile pour elle.

-        Lorsque j’étais seul devant ma console de jeux, je ne mangeais pas.

-        Se mettre à table est synonyme d’angoisse

-        Pour l’anniversaire de mon fils, je voulais faire un repas et à ce moment-là, j’avais envie de faire la cuisine (contrairement à d’habitude). J’ai tout fait pour lui faire plaisir.

-        Je n’aime pas faire à manger et quand il y a du monde à la maison j’ai toujours peur qu’il n’y en ait pas assez…et il y en a toujours trop !

-        La cuisine est répétitive et il n’y a pas de reconnaissance de la part des autres et pourtant on en a besoin

-        Dans le fait de cuisiner, il y a l’avant avec la préparation et l’après avec la vaisselle, le rangement… et cela m’empêche de bien manger.

-        Les angoisses m’empêchent de manger. Parfois des amis, des voisins me préparent à manger et même si je suis seule, je mange quand même car c’est préparé par les autres

-        Je remarque pour l’allaitement de ma fille que, si je suis disponible, ça marche

-        Pour mon fils, malgré les difficultés rencontrées pour l’allaiter je ne le faisais que pour le plaisir et complétais sa nourriture par ailleurs.

-        La difficulté, quand j’allaitais, bloquait mon envie de manger (à quoi bon manger puisque l’allaitement fonctionnait mal.)

-        L’allaitement était source d’angoisse pour mon premier enfant et j’ai arrêté pour les suivants.

-        En famille, les repas étaient parfois des règlements de compte

-        Avant, je faisais attention à ce que les repas soient un moment privilégié, mais maintenant que je mange seule je fais n’importe quoi.

-        Je suis étonné de voir qu’il y a des personnes qui mangent seules au restaurant. Quand on y est obligé, c’est très difficile.

-        Le seul endroit où ma fille accepte de manger avec nous est le restaurant. Elle n’accepte pas de manger ce que je cuisine.

-        Quand je mangeais chez mes parents, j’imposais à ma mère de cuisiner certains plats pour accepter de manger.

-        Ma mère passait trop de temps à la cuisine. Elle le faisait pour nous faire plaisir mais je ne le supportais pas. On passait trop de temps à table. J’aurais voulu faire autre chose avec elle. Elle répondait de manière alimentaire à un besoin qui ne l’était pas.

-        Je ne cuisine plus alors que j’aimais cela. Mon compagnon n’appréciait pas ce que je faisais.

-        Les réflexions sur la nourriture ou la manière de cuisiner touchent plus que celles sur un autre sujet. On cuisine pour avoir la reconnaissance des autres.

-        J’aime les choses simples et bonnes. Les transformations de la cuisine ne me plaisent pas

-        La simplicité est peut-être une forme de contrôle. Cela permet de manger par ailleurs des choses que l’on ne s’autoriserait pas.

-        Avant je ne cuisinais pas et pendant 30 ans je n’ai pas mangé, ni cuisiné. Quelqu’un qui m’est cher, m’a appris à cuisiner et maintenant, j’aime cela. Je ne mange pas pour autant mais la cuisine est devenue un moyen de faire plaisir et de partager.

-        Les repas sont parfois un rapport de force. Quand j’étais jeune, j’avais décrété que je n’aimais pas certains aliments. Mais ceci n’était qu’un prétexte pour exprimer une opposition. L’expression d’un mal-être s’était transféré sur la nourriture alors que j’aimais ces aliments.

-        Lorsque je cuisine, je ne supporte pas les restes. Ma psy avait comparé cela au rôle de « poubelle » que je jouais.

 

 

La réunion se termine par une proposition de Florence de nous montrer, lors d’une prochaine réunion, une vidéo sur le thème d’un repas en famille vu sous plusieurs angles. Cette vidéo pourrait ensuite faire l’objet d’un débat entre-nous.