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Connaître ses propres désirs vendredi 26 mars 2010

Merci Laya pour ce compte rendu.

  Ce soir nous accueillons 2 nouvelles personnes. Nous sommes 8 autour de la table.

 La première M souffre de problème de poids.

 

Elle nous parle de la nourriture comme d’une consolation. Elle a essayé différentes cures d’amincissement durant sa vie mais ce qui l’a le plus aidée est sa rencontre avec un groupe de parole dans les environs de marseille. C’était un groupe où l’on pouvait s’exprimer mais pas dialoguer afin de ne pas perdre le fil conducteur du sujet. Malheureusement ce groupe s’est dissout et elle a de nouveau perdu cet équilibre. En décembre dernier elle a arrêté un médicament qu’elle prenait pour ses problèmes de poids mais c’est très dur depuis car elle a regrossi. Elle nous parle de thérapie comportementale : « cela n’a pas été efficace pour moi, je pense que c’est très bien quand on est au début d’un trouble, mais une fois qu’il est encré, cela ne marche plus.

  

La deuxième A est actuellement hospitalisée à la Timone la semaine et rentre chez elle le week-end. Elle a très peur de rater son bac et a de grandes difficultés à suivre ses cours à cause de sa maladie.

  

Le thème de la soirée est le désir. Intitulé du débat : Connaître ses propres désirs

  Nous sommes tous un peu surpris de découvrir la première définition du dictionnaire : Recherche de la réduction d’une tension issue d’un sentiment de manque et en ce sens on ne désire que ce dont on manque.

 

B :J’ai été très surprise de découvrir cette définition  un peu négative du désir

 

F :Au début je voulais écrire un poème sur le désir mais quand j’ai vu cette définition, je ne l’ai pas fait. Pour moi le désir n’est pas un manque.

 

F : J’associe le désir à « un manque  plus un besoin ».Mais si il n’y a plus de désir , il n’y a plus de vie.

 

L : Pour moi le désir mène à l’insatisfaction. quand je désire un aliment ou un plat, je m’en crée une représentation et si cela n’a pas le même goût ou ne ressemble pas à ce que j’imaginais alors je ressens beaucoup de frustrations. C’est pour cela qu’en ce moment j’essaie de ne plus avoir de désir surtout envers la nourriture mais cela m’a coupée aussi des autres désirs de la vie.

 

F :il faut que la nourriture devienne quelque chose de naturel, sans qu’on ait besoin d’y penser.

 

M :Moi j’essaie de ne plus avoir de désir pour ne plus avoir d’insatisfaction. Pour vivre chaque jour comme il vient, car pendant longtemps je ne comprenais même pas ce que cela voulait dire

 

B : Pour moi il a été important de ne plus avoir le désir que ma fille guérisse

 

A :je souffre d’anorexie depuis 12 ans .j’ai oublié de manger. Je ne ressens pas la faim ni la soif. Je suis ici parce que j’ai envie de parler. Je me force à manger par raison mais c’est très dur.

 B : Lorsque  l’on désire quelque chose, c’est l’ attente qui est agréable. On peut visualiser, savourer ce moment

F : Le désir c’est la vie. Avoir quelque chose instantanément  m’a fait perdre le désir, le plaisir. J’ai suivi le conditionnement de la société où il faut réussir, avoir une bonne situation et un poste à responsabilité. J’avais tout mais je n’ai pas regardé ailleurs, je n’ai pas vécu. Maintenant, je ne peux plus parler, plus travailler, plus gagner de l’argent mais je suis heureux. Je vois la vie différemment d’une façon inexplicable.

 

S :En ce moment je fais des expériences nouvelles ; psy , PNL…J’ai l’impression d’être sur la bonne route sans me poser de questions. J’ai fait beaucoup d’années d’études, je ne trouve pas de travail et je ne suis plus sûre d’avoir envie de faire ça. J’aimerais ouvrir un restaurant mais j’ai peur que cela entretienne mon obsession de la nourriture.

 

L :Moi aussi je n’ai pas de travail et je pense que je pourrais être douée pour un métier comme pâtissière ou cuisinière ; mais j’ai fait l’expérience de travailler comme vendeuse de nourriture sur les foires et c’était horrible. Je pouvais me servir à volonté et je n’ai pas réussi à contrôler ni même à être écœurée.

 

A : J’avais le désir d’être diététicienne mais on me l’a déconseillé.

 

S :Depuis environ 2 semaines , j’ai  arrêté les régimes. J’ai arrêté de calculer ce que je mange et je me suis autorisée à manger ce que j’avais envie quand j’en avais envie. J’ai essayé d’écouter mes sensations. J’ai toujours mes crises mais elles vont moins loin .J’ai moins de culpabilité.

 

L : j’ai très peu vomi depuis  ces 2 semaines. Je ne voulais plus que ça soit là. Je me suis autorisée ce dont j’avais envie mais du coup j’ai grossi. Je me bats moins avec la nourriture mais du coup plus avec comment accepter l’image de mon corps. C’est très dur avec  tout ces messages des médias sur les critères d’esthétique et en plus cela correspond juste avec une période où mon ami ne me regarde plus et ne me désire plus.

 M :Je sais qu’il y a certaines hormones qui empêchent de maigrir. On a beau manger peu , on ne maigrit pas.

S :Je pense qu’il n’y a pas que ça, qu’il y beaucoup d’autre facteurs qui rentrent en compte.

 

M :La nourriture c’est toujours quelque  chose d’obsessionnel et c’est l’obsession qui prend toute la place.

 

F :J’ai pas faim, mon corps ne veut pas. Je peux préparer de très bon plats sans les manger car je n’ai pas faim. J’aimerais avoir le désir de ce plat. pour moi le repas c’est mécanique, je mange par raison. J’ai perdu le désir de manger.

 

F : Dans ma tête, quand je mange j’ai l’impression que ça me repose

 

A : je me sens rassurée par rapport à ce qui m’arrive. Je vois qu’il y a des possibilités de s’en sortir. Il faut que je prenne le temps de guérir. C’est dur car mes amies sont en études supérieures et j’ai l’impression d’avoir gâché des années…………….

  Connaître ses propres désirs : j’aurais aimé que ce débat continue sur notre forum car je pensais que nous aurions beaucoup plus de choses à dire sur tous les désirs de la vie. Sur cette locomotive qu’est le désir.

Désir de vivre , désir sexuel , désir de loisirs et de petits plaisir quotidiens, , désir de grand air etc.

……………

Le désir n’est pas uniquement alimentaire…..

A vos plumes, à vos claviers.

ci après définition trouvée sur Wipikédia  

La classification des désirs

 

La morale épicurienne est une morale qui fait du plaisir le bien, et de la douleur le mal.

 

Pour atteindre le bonheur ( ataraxie) , l'épicurien suit les règles du quadruple remède, appelé le "Tétrapharmakos" :

 
  • les dieux ne sont pas à craindre ;
 
  • la mort n'est pas à craindre ;
 
  • la douleur est facile à supprimer ;
 
  • le bonheur est facile à atteindre.
 

C'est en vue de ce dernier qu'il faut plus particulièrement penser le désir. Épicure classe ainsi les désirs :

 
Classification des désirs selon Epicure
Désirs naturelsDésirs non naturels
NécessairesSimplement naturelsArtificielsIrréalisables
Pour le bonheur(Ataraxie)Pour la tranquillité du corps (protection)Pour la vie, (nourriture, sommeil)Variation des plaisirsrecherche de l'agréableEx : richesse, gloireEx : désir d’immortalité

Cette classification n'est pas séparable d'un art de vivre, où les désirs sont l'objet d'un calcul en vue d'atteindre le bonheur

 

Selon Epicure"Parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires pour le bonheur les autres pour le fait de vivre."

 


Il existe également six grands désirs qui animent les Hommes et correspondent en même temps à six des sept péchés capitaux répertoriés par la religion chrétienne :

 
  • Désir de nourriture : la gourmandise
 
  • Désir de la chair : la luxure, concupiscence

  • Désir de l'argent : la cupidité
 
  • Désir du pouvoir : l'ambition
 
  • Désir des honneurs : l'orgueil
 

Pour compléter la gamme, il faut également citer le désir spirituel ou le désir de vérité : le désir de se dépasser, d'aller de l'avant, le désir de connaître lié au plaisir de chercher et de trouver, au plaisir extatique de la transcendance, du dépassement de soi.