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Rôle des pères , rôle des hommes, 9 Mai 2008

Compte rendu de la réunion du groupe Cœur au ventre du  9 Mai  2008

 

Merci Joëlle pour ce compte rendu

   

Ce soir,  nous  sommes 16 dont 6 nouvelles personnes dont 2couples, des maris ont accompagné leur épouses qui souffrent de TCA. 

    

Le sujet de ce soir est « le rôle des pères » mais les personnes présentes pensent qu’il est juste de parler également du rôle des maris ou compagnons et hommes proches, ceux qui vivent avec la personne en souffrance en général.

     

                                                          Rôle des pères, rôle des hommes

    

Une remarque est faite : lors des réunions les mères sont toujours là alors que les pères sont bien souvent absents.

  

-          Est ce un manque de considération ?

 

-          Sont- ils tenus volontairement à l’écart ?

 

-          Les mères prennent t-elles toute la place dans la souffrance de leur fille ?

   

Il est vrai que les rapports mère-fille sont souvent fusionnels

  Pourtant certains psys disent qu’on a tout mis sur le dos des mères pendant de nombreuses années mais qu’en définitive les pères ont peut être  un plus grand rôle dans ce type de pathologie.

 

   -          « Je pense qu’il faut différencier le rôle du père de celui du mari, car ils ont des positions tout à fait différentes. A mon avis le mari se sent plus neutre, moins impliqué ».

 

 -          «  Mon mari a toujours su que j’étais boulimique. Quand je vais mal, je ne contrôle plus ma violence, je casse tout. Il ne sait pas quoi faire et pourtant il est toujours là. Heureusement car s’il n’était pas présent, il y aurait longtemps que j’aurais franchi le pas… »

 

 

-           « L’homme tire t-il quelque chose de notre maladie ? »

  -          «  Je suis tellement violente lors de mes crises que je ne comprends pas comment il peut encore m’aimer. D’ailleurs comment peuvent m’aimer les personnes que je côtoie alors qu’ils ne me voient pas telle que je suis et que moi-même je ne m’aime pas »

 

 

-          « Mon compagnon a du mal à affronter mon problème. Je suis partagée entre l’envie de lui en parler et la crainte de « le prendre en otage ». Je pense que le rôle du conjoint qui vit ce trouble au quotidien doit être très dur. »

  -          «  En tant que mari, je suis aussi passé par l’étape de la culpabilité, il faut pas croire                                  

         que l’on s’en fout. »

  

-          « Pourtant il est bien plus facile de partager la souffrance ! »

  

-          « Moi en tant que compagnon, j’aurais préféré savoir »

  

-          « C’est plutôt le non-dit qui tue le couple »

 

   

-          « J’aurais l’impression de prendre toute la place avec ma maladie et de le bouffer. En vérité, j’ai tellement peur que mon conjoint parte, que je préférerais l’y inciter moi-même. Je préfère me saborder. »

 

   

-          « Cette réaction de se saborder, c’est le problème de cette maladie, la névrose de l’échec et ceci dans tous les domaines » .  « Il y a une part d’orgueil »

 

  

-          « C’est vrai que le fait de ne pas me dévoiler, me donne le sentiment d’être forte, de gérer. L’anorexie est un moyen de dire que je n’accepte pas la vie, que je ne prends pas de plaisir. J’ai l’impression d’être en parallèle de la vraie vie. La peur de prendre toute la place est en fait la peur d’exister ».

  

Place de la maladie = peur de guérir ?

  

-          « La bouffe occupe toute la place dans ma vie et dans mon couple »

  -          « En fait, j’ai presque peur de ne plus faire de crises, car la bouffe, c’est mon mec, et au fond de moi je ne sais pas si je suis prête à lâcher la nourriture.

 

 

-          « On appréhende de retrouver la vie car dans la maladie on est comme dans une bulle sécurisée »

  

-          « C’est exactement ce que je crains pour ma fille car elle a trouvé une identité par sa maladie (par rapport à ses copains), cela lui a donné une place. Comment va t-elle trouver du goût à vivre sans ça. Car tout tourne autour de ça ».

  

-          « Il n’y a pas que la maladie qui prend toute la place, il y a surtout la culpabilité ».

  

-          « J’ai fait du chemin, je vais beaucoup mieux et maintenant j’ai réussi à lever la place que j’avais donnée à la maladie dans ma vie, et j’ai remis la  vie à la place. »……

Cette dernière phrase est un bel hymne à la vie n’est ce pas ?