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Doit on vivre pour soi ou pour les autres? 8 février 2008

Compte rendu de la réunion du groupe Cœur au ventre du 8 février 2008

   

Ce soir,  beaucoup de nouvelles personnes nous ont rejoints puisque nous sommes 23 (parents, jeunes filles et jeunes hommes confondus).

  

Après les présentations , nous abordons le thème du jour :

 

  « Doit-on vivre pour soi ou pour les autres? »

   Faut-il rentrer dans le jeu des personnes malades pour les aider?

-          En tant que compagnon d’une jeune fille, je ne sais pas comment agir, si je dois la croire pour l’aider. Je suis dans un désarroi total.

 

-          Le point positif c’est qu’elle t’en a parlé. C’est une demande d’aide de sa part, mais ne rentre pas dans son jeu, refuse le chantage même si tu l’aimes. N’accepte aucune crise en ta présence.

 

  -          Moi je suis venue pour mon entourage. Car je sais que je les fais souffrir par mon comportement. Je ne suis pas guérie, je ne vais plus à l’école, et je m’isole. J’ai pris conscience des ravages causés par cette maladie. 

 

-          Cette maladie crée vraiment des problèmes au niveau du couple. Je me sens coupable de faire subir mes pulsions et mes crises à mon copain. J’ai un dégoût de moi-même. Je n’arrive pas à m’aimer et forcément cela se reporte sur mon comportement. 

 

 -          Il est important quand même d’entourer les personnes en souffrance car cette maladie est émotionnelle. On guérit grâce à l’Amour.

 

-          Oui mais je pense qu’on ne peut rien si une personne a décidé de maigrir. Ni les parents, ni les psys ne réussiront à changer les choses. Ma guérison je ne sais pas très bien si elle est pour moi ou pour les autres.

 

-          On est sur le fil d’un funambule. On est soit dans l’émotif, soit dans la raison. Moi je suis sortie de l’anorexie « grâce » à l’inquiétude de mon grand-père, mais j’ai gardé des problèmes car j’ai mis longtemps à me prendre en charge. Tout ce qui tourne autour de l’alimentaire est traité par l’affectif.   

 

 Faut-il changer de comportement et vivre enfin pour soi ?

 -          Je me suis rendue compte que je voulais trop faire la mère parfaite. Je ne parlais jamais de mes propres sentiments et je donnais l’impression que j’étais toujours bien. En fait, quand ma fille est devenue très maigre et m’a dit « je ne m’aime pas, si j’ai envie de mourir je mourrai », j’ai commencé à lui parler de mon ressenti. Elle est tombée de haut car elle pensait que j’étais parfaite et c’est cela qui l’énervait et la rabaissait. Avant je disais « tu me fais de la peine » au lieu de dire « je ressens ça , j’ai mal là… ». J’ai compris que j’avais le droit de lui dire que j’allais mal aussi et depuis elle va mieux car elle se sent libre d’aller mieux.

-          Lorsqu’on a un enfant malade, on change de comportement. On accepte mais par moments de savoir sa fille qui souffre, on a le cœur qui saigne……. 

-          Moi j’ai toujours eu peur pour ma mère. Peur qu’elle tombe aussi dans l’anorexie comme moi. J’ai toujours eu besoin de la protéger.

-          C’est parce que l’on a été trop fusionnelles. Maintenant je culpabilise du fait qu’elle ne se sente pas assez solide.

 

-          Avec ma mère nous étions aussi très fusionnelles au point que lorsque j’étais anorexique, elle mangeait pour compenser. Et maintenant que je jongle avec les 2 comportements, elle jongle aussi. C’est vraiment un problème d’être trop proches, trop impliquées car ce n’est positif ni pour elle ni pour nous.

 

 

-          J’ai appris « le détachement avec amour », avoir de la compassion. C’est à dire continuer bien sûr à aimer la personne mais lui laisser prendre les responsabilités, et s’occuper de soi-même. Au début, j’étais hystérique par la souffrance que je ne voulais pas entendre. Je croyais arranger les choses en étant boulimique de sorties. Mes enfants m’ont dit « arrête de tout organiser, tu n’écoutes pas ». J’ai donc fait un travail sur moi pour comprendre mes qualités et mes défauts. Je me suis posée, écoutée. Cela a permis à chacun d’aller mieux.

 

 

-          On doit effectivement travailler sur la culpabilité. Accepter d’avoir pu faire des erreurs et surtout accepter que c’est comme ça et pas autrement.

 

 

-          J’ai appris à me pardonner.

 

 

-          Je voulais toujours comprendre, analyser. J’ai lu beaucoup de livres sur le sujet. C’est en fait une manière de fuir. Car il faut accepter ce qui se passe sans chercher à comprendre. C’est aussi cela « s’occuper de soi ». Accepter le bon quand il se présente. Car en fait ma fille m’a mise en échec face à mon désir de tout avoir en main. Par cette maladie, on peut évoluer grâce à nos enfants…….

 

 

-          Il est très important de prendre soin de soi, c’est à dire se faire plaisir soi- même.

 

 

Car, ainsi que l’a dit Isabelle Filliozat :

 

 

   «  Aimer c’est être heureux et offrir son bonheur à l’autre »