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Le conflit 23 Mai 2008

Compte rendu de la réunion du groupe Cœur au ventre du  23 Mai  2008

fait par Joëlle  Aujourd’hui,  nous  commençons notre réunion par une assemblée générale extraordinaire. Les 12 personnes ( dont 2 maris et 1 père) présentes à cette assemblée restent pour débattre du thème de ce soir : 

                                                   Le Conflit

    

Le silence est il un moyen d’éviter le conflit ?

   

-          Je ne ressens pas de conflit grâce à la façon d’agir de mes proches. Ce que je fais les dérange mais il n’y a jamais de rapports « musclés » entre nous. Tour le monde sait. Ca me fait mal mais il n’y a pas de conflit.

 -          C’est sournois entre nous puisque nous n’en parlons jamais ouvertement. C’est tabou pour elle. Je m’en sens révolté mais je n’arrive pas à en parler ouvertement de peur de lui faire encore plus mal.

-          Je ne pourrais jamais vivre sans lui, et le fait qu’il accepte me fait mal.

 

-          Mais non je n’accepte pas, j’évite juste d’en parler.

 

-          Entre vous il y a de la communication en fait. Il y a conflit quand la personne n’est pas prête à communiquer, lorsqu’elle est dans le déni.

   

Faut-il avoir peur du conflit ou le rechercher ?

 

-          On se sent tellement impuissante face à la puissance de la crise qu’on préfèrerait qu’il parte pour ne pas le rendre malheureux.

 

-          C’est vrai, j’ai demandé à mon mari de partir, mais il  refuse de me laisser seule avec ma maladie.

 

-          Devant cette situation et voir ma femme se détruire, il y a des jours où je n’arrive plus à supporter, je culpabilise.

 

-          Quand nous passons une bonne journée ensemble, je n’admets pas qu’elle annule tout en faisant une crise. J’ai essayé de gérer par la douceur mais il n’y a pas eu plus de résultat.

 

-          J’essaie pourtant de me contrôler pour ne pas craquer. J’ai conscience du fait que je me détruis.

 

-            C’est vrai on culpabilise de « faire n’importe quoi » mais la pulsion est tellement forte quand je suis en crise que plus rien ne compte, je pourrais priver mes enfants de nourriture pour calmer ma pulsion.

 

-          Le conflit est –il un passage obligé ? j’ai remarqué avec ma fille qu’après avoir craqué et m’être mis en colère, la communication redevient plus facile, ma fille revient vers moi et le contact est renoué.

 

-          Je ne crois pas car tout contrarie ma femme. Si la nutritionniste la met en garde contre les risques physiques encourus, elle est contrariée et donc elle fait une crise d’autant plus forte.

 

-          Moi je préfère la douceur, si on me fait du « rentre dedans », je me braque.

 

-          J’ai été en conflit avec ma fille tant que je n’ai pas accepté sa maladie. Maintenant je ne suis plus dans le conflit mais je suis dans la souffrance.

 

-          Je me reconnais dans tout cela mais je pense que le vrai conflit est en moi-même. 

    

Le conflit peut-il être positif ?

   

-          Etre tout le temps derrière ma fille, accepter les conflits voire les provoquer, me fait penser que la situation ne s’est pas aggravée, que le conflit peut être positif.

 

-          Le fait de montrer sa souffrance est peut être aussi une des manifestations d’un conflit non dit.

 

-          J’ai peur du conflit parce que je ne sais pas assumer les suites. Mais les rares fois où j’ai créé un conflit justifié ça m’a remplie. Ce sont des moments de bonheur où je suis réellement en accord avec moi-même. Je m’affirme sans m’imposer, je prends ma vraie place  et non pas celle que l’on me donne. Car prendre une place que je n’ai pas choisie me met en colère.

 

-          On peut faire n’importe quoi pour attirer l’attention, être aimé et du coup on n’a pas sa vraie place.

 

-          Quand on parle de conflit, la première question à se poser est : « est ce que je m’aime moi ? » Je ne me bats pas contre l’anorexie, je pense à me reconstruire dans mon plaisir, à faire ce que j’aime dans la vie.

 

-          Et le regard des autres ?

 

-          J’aime les autres, se retrouver seul est dangereux. J’aime entendre parler et rire les gens. Il y a tellement de belles choses auxquelles penser dans la vie.

 

-          C’est vrai que lorsque j’arrive à m’occuper avec autre chose, je ne fais pas de crises.

 

-          Plutôt que de combattre pour m’en sortir, j’ai fixé mon énergie sur les choses que j’aime.

 

-          En définitive, pour être heureux  et récolter de l’amour, il faut commencer par s’aimer soi-même.

 

-          Je ne pense pas que je serais heureuse si je n’étais pas boulimique, je pense plutôt que si j’étais heureuse je ne serais pas boulimique.