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Compte rendu Conférence Isabelle Filliozat 28 mars 2008

Compte rendu de la conférence de Isabelle FILLIOZAT à Allauch le 28 mars 2008.

  

Beaucoup de monde s ‘était déplacé pour écouter Isabelle et  nous n’avons eu que des bons échos de cette conférence. Même les plus durs vis à vis des psys (je pense par exemple à mon époux ) ont été captivés et en ont tiré quelques leçons.

  

Le thème : « Relations parents/enfants, enfants/parents »

  

Isabelle Filliozat nous explique pourquoi elle a écrit son livre « Il n’y a pas de parent parfait »

  

Question que nous nous posons tous continuellement :

  

 Est-ce que je suis une bonne mère ? un bon père ?

  

 Question à ne pas se poser car elle signifie qu’alors nous sommes préoccupés uniquement par le regard des autres et l’attitude qui validera chez eux que je suis une bonne mère. La seule question à se poser est : quel est le besoin de mon enfant ? Ce que j’ai l’intention de faire est-il adapté ? Qu’est-ce que je peux aménager ? Plus je cherche à être une bonne mère, plus j’accumule de frustrations et moins j’y réussis car je ne suis plus centrée sur mon enfant et sur moi. Dire : « je suis une bonne mère ou un bon père », c’est ne pas voir les besoins de nos enfants. Cela nous éloigne de nos enfants et de nous-mêmes.

  

Autre mauvaise question : Est-ce que je fais bien ? Cela présuppose que je peux faire mal.

    

Notre réaction face à nos enfants est souvent étrange et très dure, si une amie renverse sa tasse de thé lorsque nous sommes ensemble nous nous empressons de dédramatiser, « ce n’est pas grave, ne t’inquiète pas » ; si notre enfant renverse son bol nous le traitons de maladroit, nous nous énervons .Pourquoi ne pas lui permettre de réparer en lui indiquant simplement où est l’éponge !

  

Avec nos enfants nous agissons non par choix mais souvent nous nous permettons, inconsciemment, de nous libérer des émotions que nous avons emmagasiné, l’enfant ne part pas, ne se rebelle pas, au contraire il fait tout pour que nous ayons raison, si nous lui répétons qu’il est maladroit il va s’en convaincre et devenir maladroit.

   En réalité, c’est notre propre peur qui remonte et que nous défoulons sur notre enfant, car même si nous l’aimons, nous savons que, à la différence de notre conjoint par exemple, lui, ne pourra pas partir, nous quitter, si nous lui crions après, car il est entièrement dépendant de nous. Et bien souvent, c’est l’enfant qui essuie une colère et une violence qui ne lui étaient pas destinées, mais que, lui, prend pour son compte.

 

 Nous reproduisons, parfois à notre désarroi, les réactions de nos parents avec nous quand nous étions enfants, ce qui est une façon de nous rassurer car en état de stress, le cerveau va chercher dans le stock des souvenirs le plus proche de la situation que nous sommes en train de vivre, et le cerveau choisit toujours la solution la moins douloureuse pour lui ; et ainsi, nous continuons à  valider l’attitude que nos parents avaient avec nous.

  

 Ce qu’il faut faire au lieu de crier sur notre enfant et de lui dire qu’il est nul car il ramène un mauvais bulletin,  c’est engager le dialogue, maintenir  la relation, l’inviter  à verbaliser sa souffrance, son mal-être, s’il y en a.

       

Parfois, certains parents n’arrivent pas à aimer un enfant. C’est  tabou et très culpabilisant.

  

On se sent coupable de ne pas avoir ce lien naturel, mais d’autres émotions comme des peurs, des colères, un manque d’intimité  nous empêchent d’aimer.

 

On peut toujours essayer de réparer, mais pour cela il est impératif de regarder les choses telles qu’elles sont. Chercher de quoi nous et l’enfant nous avons besoin.

  

Comment faire alors ?

  

 De manière générale, ne pas donner d’ordre aux enfants, et particulièrement aux enfants de 2 ans et aux adolescents, qui sont en opposition, pour se construire. Plus on va être directif et autoritaire, plus on va vers une relation conflictuelle. Toujours laisser le choix, et chercher le jeu avec le petit de 2 ans. Au lieu de dire « mets ton manteau », dire : «  tu préfères mettre ton manteau rouge ou ton manteau bleu ? » ou : «  tu préfères mettre le manteau avant ou après les chaussures ? » ou simplement : « Manteau ! » L’enfant ne se braque que si on lui donne un ordre, et il vaut mieux se lever un peu plus tôt le matin et ainsi éviter un conflit épuisant et rester serein. Cela fera au final gagner du temps !

  

Essayer d’avoir une attitude expérimentale : si ça fait 20 fois que je répète la même chose sans résultat, le faire une 21ème fois sera inutile !

  

Les conseils du pédiatre, de la grand-mère ne fonctionnent pas c’est qu’ils ne sont pas appropriés, et les modes changes…Alors regarder ce qui se passe quand j’ai telle réaction et modifier son attitude en fonction du résultat.

  

Autre exemple, inutile de coucher à 8 heures un enfant entre 4 et 8 ans ou un adolescent, leur rythme biologique demande un coucher plus tardif, et malheureusement pas le début des cours avant 9 heures.

 

 Un adolescent qui désire rester seul dans sa chambre c’est normal, demandons autour de nous aux autres parents ce qui se passe pour eux, cela est souvent rassurant.

   

Pour ne pas coller à nos enfants des réactions stéréotypées qui nous viennent de notre propre histoire et dans laquelle ils n’ont rien à voir, il faut aller à l’intérieur de nous-mêmes, vers cet enfant qui est meurtri, le guérir. Un bon moyen de savoir ce qui nous a posé un problème durant notre enfance est de nous demander ce qui nous énerve particulièrement aujourd’hui avec notre enfant.

   

Un truc de psy. pour amener un adolescent à s’ouvrir : ne pas dire : « qu’est-ce qui ne va pas ? (encore !) » mais : « qu’est-ce qui te fait le plus mal en ce moment, qu’est-ce qui est le plus pénible ». Alors, l’enfant parle car alors, avec l’utilisation du superlatif « le plus », sa souffrance est entendue, validée.

   

En conclusion :

  

En fait observer, éviter l’a priori, si l’enfant grandi bien et semble heureux c’est que tout va bien…

   

Il n’y a qu’une urgence : retrouver l’émotion d’amour…….le plus souvent possible.

     

La soirée s’est terminée entre membres de Cœur au Ventre et Isabelle Filliozat, autour d’une petite dégustation de plats bios que chacun avait concocté amoureusement. Une soirée fort sympathique comme d’hab……