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Comment vivre sans le TCA , la peur de guérir.intervention de Manish vendredi 21 mai 2010
 

Ce soir nous recevons un thérapeute fondateur de l’espace Healing à Comps.

 

Nous sommes 20 personnes autour de Manish et Navanita. Ce compte rendu a été fait par Laya aidée par Elsa.

  

Entretien avec Manish :

  

Qu’est ce qui se passe dans notre base ?

  

L’enfant construit sa vie d’adulte par la culture, par l’éducation qui peut être positive ou négative pour eux.

 

Les parents sont des personnes conditionnées de façon inconsciente elles aussi par leur propre vécu.

 

L’enfant ne fait que croire ce qu’on lui enseigne.

 

Au début il ne comprend que concrètement.

 

Puis à partir de 12 ans il peut comprendre l’abstrait

 

Il va ainsi développer son libre arbitre, sa possibilité de choisir

 

Il va percevoir ses valeurs propres, et les valeurs de l’autres

 

Durant tout son développement l’enfant acquiert des outils

 

Les besoins vitaux de l’enfant sont l’affection l’amour, la reconnaissance

  Cet enfant va vivre des chocs émotionnels. Il peut avoir une mère énervée, un père absent, ou des parents « parfaits », mais à l’occasion d’un évènement il va avoir le sentiment de ne pas avoir été respecté ou compris ou on pourra lui avoir refusé quelque chose. L’enfant développe un « kyste émotionnel », cette énergie se matérialise dans le corps par une blessure.  A chaque fois qu’il revivra une scène analogue, sa mémoire inconsciente entre en résonance et ressent ce kyste, cette blessure. Le problème, la douleur, la blessure, le sentiment de culpabilité augmentent. Il s’agit de croyance infantile. Un processus de compensation va naître pour colmater la blessure.

 

L’enfant « blessé » va développer des manques. Ces manques s’ils sont mal vécus pourront enclencher un processus de compensation. Il peut compenser, ou remplir ses manques par des troubles addictifs, une personne, des personnes, un mari, des enfants. Remplir ces vides donne l’illusion de se protéger, car il y aura toujours un vide.

  

Il y a une responsabilité individuelle

 

o         A être adulte femme/homme ou enfant

 o         A être guéri ou malade

 

Le but de la thérapie

 

Il s’agit d’une auto guérison, où la personne va travailler sur soi afin de se retrouver soi même. La personne doit aller vers la souffrance, pour se guérir sa blessure. Tant que la blessure infantile saigne, il y aura résonance, récidive, processus de compensation. La personne doit contacter la souffrance, voir la blessure, et l’exprimer. Elle ne doit plus compenser ou cacher sa blessure comme la misère.

  

Il est nécessaire d’enlever les croyances infantiles, les manques affectifs. Il est nécessaire de se débarrasser de ce qui ne nous appartient pas.

 

il faut commencer à se soigner soi même pour respecter les autres.

 Pour les transformer grâce au libre arbitre et à la conscience, en certitudes saines d’adultes. Ceci permet de nettoyer la base, afin d’éviter des récidives, des résonances néfastes, douloureuses.

Ex : ma mère me disait de me laver les dents, aujourd’hui encore par automatisme je me lave les dents, car si je ne me lave pas les dents je suis coupable.

 

Je m’exerce à me laver les dents pour moi, pas pour ma mère, car cela me fait du bien à moi

  

La personne doit s’occuper d’elle-même, se remplir elle-même, se prendre en compte. Elle doit arrêter de remplir ou de vouloir combler ses manques par l’extérieur, par des autres, ou des choses.

 « Qu’est ce qui m’empêche moi, de me remplir moi-même ? », de me donner de l’amour, de la reconnaissance, de m’accepter même avec mes manques, de m’accepter tel que je suis, avec mes pleins et mes vides

 

Il faudrait mettre de coté le symptôme : problème de poids, le mal-être, l’handicap, même si c’est très courageux de le regarder. Pour travailler sur le fond du problème, sur la véritable blessure, sur les émotions, les sensations.

 On apprend à déceler le manque qui engende la oufrance et à le "vider" 

Une étape primordiale du travail thérapeutique est l’expression émotionnelle. Faire ressortir les émotions. Il y a plusieurs types d’émotions dont :

 

o         L’émotion quand on est en colère contre l’autre, on est victime, et on peut pleurer tous les jours. Quand on est plein de souffrance on se protège.

 

o         L’émotion quand on est heureux

 o         L’émotion quand on aime, quand on s’aime. Aimer c’est recevoir, le cœur s’ouvre, tout vient, c’est un bien être, une libération. On est ouvert. On en arrive à aimer ses parents les autres, tels qu’ils sont.

 

Une guérison se met en place. La guérison est de revenir à la base, à l’originel, au naturel

 

Manish a dit : "S'il n'y a pas expression émotionnelle , il n'y a pas de guérison!", son travail consiste à travailler sur les émotions pour aller au fond des souffrances enfouies avec plusieurs techniques : respiration, méditation, chaque cas utilise une technique différente.

  

Le thérapeute

 

Il donne de l’aide, des moyens, des outils, l’impulsion pour que la personne aille vers la guérison. Pour que la personne se prenne en charge

  

                                     SUJET DE LA REUNION :

 

Comment vivre sans le TCA , la peur de guérir.

  

Il est important de différencier « je suis » et   « je souffre » pour ne pas s’identifier à la maladie. nous ne sommes pas la maladie. ex : « Je souffre de boulimie , je ne suis pas boulimique »

 

Parfois on n’imagine pas que l’on pourra s’en sortir.

 L : cela semble même plus difficile que l’alcool pour s’en sortir. Il est impossible de supprimer totalement la nourriture alors qu’un alcoolique guérit en supprimant totalement l’alcool.je serais toujours confrontée aux repas et à la nourriture.

 M :On est confronté tout le temps à la nourriture. Dans ma difficulté avec l’anorexie, c’était facile de louper un repas. Ce qui m’a aidée à en sortir était de reprendre plaisir, le plaisir du goût, de cuisiner, de me préparer des petits repas.

 M :focaliser sur la nourriture ne m’apporte qu’angoisses et inquiétudes.

 AL :j’ai peur de guérir. Parfois en étant malade, je n’ai plus rien à faire ,je n’ai plus besoin de réfléchir. Quand j’étais en réanimation ;c’était comme un cocon, protégée……….Même si j’ai envie de m’en sortir ; j’ai peur.

 L :tant qu’on est à l’hôpital, on est couvé, coucouner. Ils y a des personnes autour de nous qui nous rassurent. Il faut apprendre à faire confiance à notre corps, c’est dur de changer notre façon de penser. Si je guérie, j’ai peur de l’inconnu.

 F :je suis très inquiète ; ma fille craint vraiment de retomber dans la maladie, de rechuter.

 L :Quand on commence à voir le bout, il y a cette peur de retomber qui arrive. Je m’engueule à l’intérieur de moi-même pour ne pas me laisser emporter par mes critères d’apparence.je suis obligée de dire STOP.

 M :Quand je suis mince, j’ai peur de l’homme car j’attire. J’ai peur et je n’ai plus confiance en l’homme.

Je suis quelqu’un qui dis OUI à tous.je suis dévouée et passe mon temps à rendre des services aux autres. J’apprends à dire NON mais cela reste encore difficile pour ma famille. Quand je me relâche, je mange et surtout le soir.

 Si je guéris, je n’aurai plus la force de faire tout cela et d’aider les autres.Je vais bientôt changer de travail et je serai devant la nourriture ; alors je veux vraiment m’en sortir.

 

E :je me sens seule…le nid est vide. Quand mes enfants sont partis ; ça a été exceptionnellement très dur. Bien sûr, mes enfants m’aident et ma fille me soutient.

 Je veux m’en sortir et pour moi ; vivre sans TCA= vivre sans bonhommeMon mari est malade. J’ai oublié de vivre pour lui, je me suis trop investie. Trop de choses pour les autres.

 

S :vivre sans TCA, je me dis que ce serait bien, mais je ne sais pas.

 

Je pense que je serais plus heureuse, je me sentirais mieux dans mon corps. Peut être que mon ami m’aimerait plus.

  

M :Mon compagnon ne me fait aucun reproche sur mon poids. Il m’aime comme je suis.

  

F :pour moi , la bonne question est « Que trouves tu à être malade ??? »

  

S :  Quand on arrive dans la maladie, on donne une image de soi qui va mal et du coup on a l’impression d’être reconnu des autres.

  

F : tout a un intérêt personnel au départ.

  

S : Dès que j’ai un petit problème, je maigrie. Mon corps garde en mémoire la souffrance.

  

M :pour moi ; je ne mangeais plus jusqu’à  que mon problème soit résolu. J’ai vu que c’était une cicatrice de plus que j’infligeais à mon corps.

  

M :Quand ça va pas, on veut que ça se voit.

 

Quand j’allais mieux, les gens me le faisaient remarquer comme si tout était résolu, comme si j’avais tourné la page

 

On me regarde d’une façon particulière quand je vais mal ; il y a plus d’attention et de compassion.

  

F :pour moi : je suis grosse = certitude que l’on m’aime pour ce que je suis

  

E :pendant un temps je restais enrobée car on me foutait la paix. Je n’étais pas dragué ni emmerdé. Ensuite j’ai gouté au bien-être et maintenant c’est dur. Il y a d’abord le problème de l’aisance physique. Mon état normal doit être plus mince, je ne me supporte plus comme ca.

  

E :j’ai la preuve que j’existe par le mal que je m’impose . La maladie me permet le ressenti du corps. S’agit- il d’une maladie ??? pas sûr !!!

 

Je n’ai plus de crise, mon rapport à la maladie est paisible.

 

J’avais une peur terrible de retomber dans la maladie mais heureusement, je suis retombée dedans et j’ai compris plein de choses. maintenant je n’ai plus peur.

  

L :moi j’ai tellement peur que je retombe tout le temps dedans.

  

C :je ne veux plus me faire du mal. Je veux prendre soin de moi car j’ai le DROIT de le faire.

 

La crise est illusoire, ça ne règle pas le problème

  

Maintenant nous avons laissé la parole à Manish

  

MANISH : je suis thérapeute depuis 30 ans. Je ne suis pas un spécialiste des problèmes de nourriture mais plutôt un spécialiste des problèmes individuels

 

En vous écoutant il est évident que le problème se situe surtout par rapport aux autres.

 

*Quand il y a du plaisir et que l’on se sent bien ; même si le poids n’est pas dans la norme, alors il n’y a pas de problème.

 

*Quand il n’y a plus de plaisir à être ce que l’on est, alors il a problème.

  Si vous changez votre vie par rapport aux autres alors ce sera un échec. Si vous avez besoin des autres pour vous sentir exister alors il y a un problème. Ne regardez plus les autres

 

Mon travail c’est surtout s’occuper de soi…aller à la base car la plupart des problèmes psychologiques arrivent de l’enfance. L’enfant est dans la croyance et il ne peut faire autrement. Bien sûr les parents ne le font pas exprès