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Comment la fratrie vit-elle les TCA? vendredi 23 avril 2010

Ce soir nous accueillons 2 nouvelles personnes. Nous sommes 14 personnes autour de la table.

 

Le thème de la réunion est LA FRATRIE : Comment la fratrie vit-elle les TCA?

 

 

 

Merci Laya pour ce bon compte rendu

 

 

 

  MC : On parle de la souffrance des personnes qui sont atteintes de la maladie, de la souffrance des parents, de la souffrance des conjoints, mais rarement de la souffrance des frères et sœurs. Lorsque ma fille souffrait de boulimie, mon autre fille  a consulté un psychologue et elle a expliqué qu’elle se sentait très mal parce que sa sœur était boulimique. Elle a  été très choquée par la réponse du thérapeute qui lui a dit que ce n’était pas grave car elle n’allait pas en mourir alors qu’en vérité elle était effectivement proche de la mort à cette époque là.

 

 Mm :pour mon fils, c’était incompréhensible que sa sœur souffre d’anorexie. Pour ma part , ma première réaction a été la colère par rapport à ma fille. Puis je ne vivais que pour ca comme la fratrie d’ailleurs.

Tout le monde en souffre y compris les frères et sœurs. Je pensais que j’allais pouvoir la sortir de là et puis j’ai commencé à accepter sa maladie puis à lâcher prise et j’ai finalement reconnu sa souffrance. A partir de ce moment où j’ai changé elle a commencé à changer aussi. J’ai compris que je ne pouvais pas la soigner et j’ai aussi réalisé que les autres frères et sœurs étaient en souffrance.

 Le groupe m’a beaucoup apporté. J’ai pu partager avec d’autres personnes qui vivaient la même chose que moi

 

 

Mc : J’ai mis ma deuxième fille entre parenthèse. Elle était parfaite…surprenant pour une ado. Elle s’était éteinte pour nous protéger

  

B : Ses autres frères ne comprenaient pas. Au début c’était presque de l’indifférence. Je crois qu’ils essayaient de se protéger.

 

F : J’ai 2 frères et 2 sœurs. Ca se passe très bien avec eux. Ils me poussent et si j’ai un souci, ils sont là. Dan ma maladie , ils savent , mes sœurs me comprennent et me maternent un peu , mes frères eux aimeraient que je m’en sorte coûte que coûte !

  

Al : Pour en revenir à mes frères et sœurs, c’est très dur pour eux. Mon frère me dit : il faut que tu manges. Il n’a pas totalement accepté mais me comprend. Ma sœur a toujours été discrète. Mon frère était jaloux de moi  pendant un moment car maman mettait presque toute son énergie pour moi.

  

E : Chez moi ,il était interdit d’être jalouse de mon frère !!

  

Md : En fait il t’était plutôt interdit d’exprimer ton sentiment de jalousie , car il est normal et que tu l’as forcément ressenti……

  

La famille ( parents et fratrie) vit autour de la personne qui souffre  comme dans une bulle, la personne qui souffre de TCA fait le vide autour d’elle , sa famille fait le vide aussi , les autres ne comprennent pas ou comprennent mal, pourtant dans leur souffrance les parents apportent toute leur attention et leur son à celui qui souffre et du coup les autres enfants ont un peu laissés pour compte

  

On laisse vite le thème de côté parce qu’on se rend compte que les nouvelles aimeraient en savoir un peu plus sur notre fonctionnement …

  

Mm : Mon moral n’est pas très haut aujourd’hui. Il y a mon problème plus celui de mon fils alcoolique. Je réalise que je me met de plus en plus en marge. La maladie de mon fils me renvoie des choses difficiles ; c’est un peu pareil que les TCA mais avec du liquide.

 

Ces dernier temps, j’ai revu ma meilleur amie avec qui on s’était un peu perdues de vue. Je ne suis pas arrivée à retrouver la complicité, la gaieté avec cette amie. Je me sens écorchée vive et au plus je décline au plus mon poids augmente. Je considère qu’il n’y a plus d’échappatoire. Je déteste mon corps quand je commence à grossir.

 Mc : Comment peut-on être quelqu’un d’aussi agréable et se démolir comme ça parce qu’on ne s’aime pas ???

 

 L : Je souffre de boulimie vomisseuse , et je n’aime pas mon corps malgré son apparence « normale » et je n’ose pas me mettre en maillot de bains, ma sœur , elle , pèse plus de 100 kg , pourtant elle n’hésite pas à porter des mini-jupes et semble ne pas avoir de problèmes avec son apparence : je pense qu’elle s’accepte.

 

 

Mm :quand ma fille était extrêmement maigre (environ 33 kg) le regard que les gens posaient sur elle était extrêmement dérangeant.

 La façon dont les gens nous regarde n’est peut être qu’un reflet de notre propre perception……..

 

 Mm : Le regard que mon amie a posé sur moi était mauvais. Du coup la confiance en soi a du mal à s’installer.Je ne peux pas supporter mon corps. Je le considère comme « rejetable ».C’est un problème qu’on ne peux pas ignorer car le regard des autres est toujours là. Alors il arrive un moment ou l’on sombre.

En ce moment je suis encore dans un mal-être par rapport à cette amie que j’ai ramenée au train. Nous avons eu des cheminements similaires, des blessures proches, alors son regard par rapport à moi est quelque chose de dramatique.

  

Al qui a 19 ans et qui est actuellement hospitalisée à Marseille : pour moi ça va beaucoup mieux. J’ai pu beaucoup plus parler avec les psy et les médecins. J’ai également moins de stress avec les cours  et les examens et  du coup, j’arrive à  me concentrer plus. J’ai même des projets pour cet été.

  

C : Quand je me sens mal ; j’ai tendance à me cacher. J’ai honte de moi surtout quand on me voit  alors que j’ai pris du poids. Je ne vais même plus aux  réunions de famille parce que je n’aime pas qu’on me voie manger, même le regard de ma propre mère me dérange.

 

J’espère m’en sortir. Au moindre problème je ressens cette envie de sucre. Le soir en rentrant je n’ai qu’une envie c’est de manger sucré.

  

S : Parfois être au régime depuis longtemps fait au final  grossir encore plus !

  

Mc : Je vous invite à vous fréquenter en dehors des réunions , ne plus rester dans l’isolement qui est le vôtre. C’est une aide.

  

M : Les balades de l’ association m’ont aidée. Pour moi sortir = nourriture

 

Une fois par mois cela me fait du bien et puis c’est une bonne ambiance !

  

L nous propose un petit exercice et nous nous y prêtons avec le plus grand plaisir, ce qui n’est pas habituel pendant  ce groupe de parole où nous partageons nos réflexions et nos souffrances  :

  

Nous sommes placés en groupe de 4 personnes et en rond autour de L qui invente 3 phrases musicales et nous les fait chanter , chaque groupe de personne a une phrase musicale , la seule contrainte est d’essayer d’e rester sur le même tempo imposé aussi par L , ce qui donne une harmonique assez étonnante et surtout très amusante !

  

Ce qui est surtout super c’est qu’en pleine discussion sérieuse , tout le monde a un moment pour éclater de rire et les personnes qui croyaient ne pas savoir chanter chantent dans le tempo et à l’inverse , je chante comme une casserole alors que j’ai la réputation de chanter assez juste !

   

Merci L pour cet intermède que tout le monde a apprécié. On se sent plus détendu , tu as pu apaiser les tensions…..

  

La conversation reprend :

  qui chante régulièrement dans 2 chorales  : Lors d’une répétition de chant ; il avait besoin d’un soliste. Je me suis plantée sur ce solo devant tout l’orchestre et après je me sentais très mal. Lorsque j’ai le trac, je perds mes moyens. Le plus dur était le regard des autres mais je ne voulais pas rester comme ça. Heureusement j’ai eu d’autres propositions pour des solos et je ne suis pas restée sur cet échec car j’ai mis ma confiance en moi en question , il m’a fallu une nuit pour me dire que le fait que je me sois « plantée » ne devait pas altérer cette confiance en moi que j’avais mis du temps à avoir, le fait qu’on me rappelle pour d’autres solo m’a aidée à retrouver cette confiance en moi.

 

 

Mc : Besoin des autres !!! , une confiance en soi si chèrement gagnée peut être rapidement perdue mais quand on est reconnue par un groupe de gens, on peut la retrouver tout aussi facilement !

  

Al : Le week-end dernier je suis allée dans les calanques me promener avec ma mère. Ca m’a fait du bien. C’était bien qu’elle réagisse comme ca. J’ai retrouvé du tonus et j’attends avec impatience le WE prochain pour aller à Sugitton !

  

Md : J’ai perdu un fils et mon autre fils me dit souvent « tu aurais préféré que ce soit moi qui parte » c’est dur !. Il me culpabilise aussi en me disant qu’il ne me reste plus qu’un fils et que je ne fais pas ce qu’il faut pour lui. Ma sœur est dans la même situation mais à l’inverse, elle, elle est « parfaite » et fait tout ce qui faut pour son dernier fils.

 

Des fois je me dis que je devrais tout lui pardonner car c’est mon dernier fils.

 

Pour moi la fratrie amène la comparaison et on est tous gênés les uns les autres.

  

E : Ma sœur ne me calcule pas depuis 30 ans. J’aimerais tellement renouer avec elle !

  

F : Dans la fratrie il y a un positionnement qui se crée. Par exemple l’aîné a le grand pouvoir. Des fois cela me pèse. On me fait porter des poids que je ne veux pas porter

  

Mc : Mes frères je les ai toujours aimés tendrement et même après avoir créé ma propre famille , ils ont toujours eu leur place , pourtant eux , dès qu’ils ont rencontré une femme ils m’ont laissés de côté et j’en souffre.

  

La réunion se termine vers 21h , nous avons beaucoup de mal à nous quitter.

  

Le 7 mai , le Docteur  Anne Chablis viendra parmi nous , elle organisera un atelier du goût. Cet atelier commencera à 18h  (nous accepterons les retardataires qui bossent  et notre petite mascotte Anne Lyse qui vient de très loin)

 

Flavio, Françoise et Laya vont faire des préparations culinaires autour de la pomme et l’association va se charger d’acheter tout ce qu’il faudra pour cet atelier.

  

Nous aimerions savoir qui sera présent pour pouvoir organiser cet atelier qui aura lieu à la place de notre groupe de parole habituel , le thème sera reporté.