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Atelier du goût, présence du Docteur Anne Chablis vendredi 7 mai 2010

7 mai 2010 groupe d’entraide TCA : soirée atelier du goût

compte rendu fait par Elsa que je remercie au nom de tous les membres de l'association, les commentaires en bleu sont de Marie Christine

 

Nous sommes 19 personnes ce soir autour de la table, Madame Anne Chablis, marraine de Cœur au Ventre  nous offre cet atelier.

  

Dr Anne Chablis

 

Thérapie comportementale et cognitive

 

Nutritionniste « dans une ancienne vie »

 

Travaille sur les TCA depuis 25 ans

   

Les problèmes très présents dans les TCA et d’autres troubles, sont liés à la relation au temps. Il y a chez les personnes présentant ces troubles une difficulté à être dans le temps présent. Elles seront plus facilement dans un passé ou le futur.

 

La personne est dans un métronome d’action/réaction, où elle a du mal à se poser, système d’hyperactivité. Un des moments, voir le seul, où elle va se retrouver sera le repas, ou dans un trouble, comme le TCA jusqu’à l’excès boulimique. Durant ce moment elle aura le sentiment d’exister mais c’est évidemment aussi un moment où elle se fait mal.

 

Un des buts est de sortir de ce schéma dans lequel on est en action/réaction.

 

On a à apprendre à se poser, à ralentir son rythme. Cela ne viendra pas tout seul, c’est vraiment un apprentissage

 « L’ici et maintenant » est la présence, va nous permettre de ralentir le temps, et prendre conscience de la manière dont on vit, et notamment dont on se nourrit, dont on dégusteExercice de pleine conscience : être là dans « l’ici et maintenant », dans l’instant présent

La mise en place de la dégustation, de la prise de conscience est très importante.

  

Exercice du raisin sec ( voir plus bas en bleu)

  Dans les exercices de dégustations on n’est pas dans quelque chose que l’on aime ou on n’aime pas, c’est bon c’est mauvais ni dans des exercices de souvenir  (la Madeleine de Proust). On n’est pas dans l’émotion, ni dans le jugement. Je ne me juge pas, je ne juge pas.

On est dans le mieux possible dans l’instant. J’enrichis mon capital

  On est à découvrir une sensation, ou retrouver des sensations. On est dans « l’ici et maintenant ». On va se nourrir en donnant de la présence. La satiété, le rassasiement va être donné par la présence. C’est par la présence que je vais mettre des mots sur les sensations. C’est un entraînement, une découverte. La dégustation est un métier, cela s’apprend.

On a à sortir d’un système très robotisé, ou très animal où l’on ne ressent plus rien, où l’on avale sans mâcher, très vite, sans concentration. Pesant tout dans la densité, on est dans du mécanique, où l’on ne prend pas le temps. Je me dévalorise, je me mésestime.

 Prendre le temps c’est donner à l’objet de la valeur et se donner à soi de la valeur. Il y a une notion de respect. En me focalisant sur moi je me donne de la valeur. Je vais prendre du plaisir.

On est dans action PAUSE, la satiété est la valeur que l’on se donne, je me suis enrichie de quelque chose, c’est lié à l’estime que l’on a de soi, tout est lié.

  

Il y a un partage c’est très important. Sensoriellement on est seul, chacun a une sensibilité spécifique. Cela emmène à la tolérance. Cela apaise. C’est très important.

 

Il y a de la patience, du temps, de la concentration, de la respiration, une pause, de la découverte, une attention porté à un objet. On ne « fait » pas attention, on « porte » son attention. Une communion, la préparation faite par les autres

  

Le choix vient par le changement de rythme, par la mise des mots, je vais ainsi me sentir remplie, pleine beaucoup plus rapidement.

 

Manger seul ne veut pas dire isolé. Etre seul peut permettre de travailler sur la sécurité intérieure, de prendre soin de soi.

  

Il y a des pensées, il y en a toujours, c’est là où l’on s’aperçoit que l’on est rarement dans l’instant présent. On n’a pas à les éviter et en même temps ce sont des productions de nous même. Comme un nuage dans le ciel, où être assis à la table d’un café, et devant moi des gens passent avec des pancartes, ce sont justes mes pensées, et en même temps les gens passent devant moi, je ne les retiens pas, et je peux me concentrer sur moi, me recentrer. Cela vient avec l’apprentissage.

  Il y a un rythme physiologique, on aurait besoin de manger toutes les 4 heures dans la journée. On peut respecter son rythme physiologique tout en ne prenant pas son ou de plaisir.

 

 

On remet un cadre

  Je n’ai pas suffisamment déjeuné à 12h, j’arrive à 18h je vais me « lâcher », il vaut mieux prendre une collation vers 16h et même si je dérape, il y aura le repas du soir qui devient une limite. Au sein de cette limite, de ce cadre je vais pouvoir travailler le plaisir, la dégustation, les sens. J’ai crée un cadre rassurant. Sinon je cherche une réassurance à l’extérieur ou à l’intérieur, parce qu’il y a des problèmes de limites. Il y a un problème de limite. Une personne qui souffre d’ hyperphagie peut rechercher cette limite en buvant beaucoup de thé, « Exister par les limites ».

 

 

Il est important de ne pas s’imposer de choses, d’être dans le contrôle. Remettre de la physiologie ne veut pas dire mettre du contrôle. Ici on remet de la physiologie. Le contrôle emmène  à la perte de contrôle !

 

Etre dans le contrôle, c’est de la pensée « on peut décider de ne plus manger à midi » : « après tout ce n’est pas la peine de dormir ou d’aller faire pipi ». On a reprendre un rythme physiologique. A écouter nos besoins. Celui qui contrôle veut contrôler le corps, aujourd’hui il est fort je n’ai que des bénéfices à cela

  En thérapie on ne va pas commencer par travailler sur la dégustation, l’alimentation. On pourra travailler dans un premier temps sur le sommeil, le repos. Les TCA , c’est la bouée de sauvetage que les personnes ont trouvée. On ne va pas travailler sur l’alimentation en première intention car c’est la manière d’exister qu’à trouver la personne. Si on n’a pas construit quelque chose on aura du mal à lâcher le TCA. On y va progressivement, après s’être enrichi de pleins de choses.

 

   Exercice du raisin sec : on a pris un raisin sec dans la main on a tourné retourné , senti, écouté, il est resté dans notre main au moins 5 mn puis on l’a passé sur nos lèvres et on a senti sa texture, sa température , on l’a ensuite fait glisser dans la bouche pour enfin le croquer, sans l’avaler , sentir son goût sucré. Tout doucement , lentement avec plaisir entièrement dans la dégustation.

 

 

Nous n’avons jamais mangé un grain de raisin de cette façon , nous avons pris conscience de ce que nous faisions.

 Cette expérience nous a permis d’être dans  le moment  et uniquement là dans l’ici et maintenant.

 

 

Prendre le temps et se recentrer sur ce que l’on fait.

  

Pendant cet atelier du goût  nous avons goûté différentes sortes de pommes ( 8 en tout) et nous avons appris à les déguster en prenant le temps au lieu de les engloutir goulûment en pensant à autre chose. Le choix de la pomme était en relation avec le logo de notre association ( tout un symbole !)

  

Nous avons continué cette expérience en dégustant les desserts préparés par nos membres et amis Flavio, Françoise et Laya, qui ont cuisiné dans la joie toute la matinée des desserts à base de pommes et ont fait preuve d’une belle imagination car sur leur buffet la pomme était déclinée sous toutes ses formes en passant par le crumble , la tarte , la tarte tain , la pomme d’amour (rien que pour moi!) nos amis nous ont fait partager leur plaisir de nous concocter tout cela et nous ont offert aussi un peu d’eux mêmes, de leur chaleur et de leur amitié dans ces préparations culinaires. MERCI.

  

Je dois reconnaître que nous avons mangé ces mets avec plaisir et gourmandise beaucoup plus rapidement que le grain de raisin et arrosé le tout de jus de pomme et de cidre !

   Les participants ont été ravis à l’unanimité par l’expérience évidemment mais aussi par la convivialité, le partage de cette nourriture tous ensemble, oubliant presque la maladie qui nous lie.